Depuis quelques semaines, un groupe d'opposants au projet de mini-centrale à Val-Jalbert fait grand bruit. La Société de l'énergie communautaire du Lac-Saint-Jean, promoteur du projet, tient à rectifier ou préciser les déclarations de ces militants.
En cours de route, le projet a subi plusieurs modifications pour respecter le caractère patrimonial du site historique. Denis Taillon ne peut que déplorer la manière d'agir de Fondation Rivières qui s'oppose systématiquement à tous les projets de développement.
Présentement, les opposants font circuler une photo où l'on voit seulement un mince filet d'eau couler dans la chute. « Ce qu'on ne dit pas, c'est que c'est seulement la nuit après 23 h en saison touristique et en dehors de la saison touristique où il y aura cette quantité d'eau. Le jour, c'est un débit de 7 mètres cubes d'eau/seconde qui s'écoulera », insiste Denis Taillon.
Tout au long du processus, les dirigeants du Village historique de Val-Jalbert ont été mis à contribution pour établir le débit esthétique et les périodes où il doit être appliqué. Il y a aussi un bloc de 200 heures réservées selon les besoins du site.
« Je m'en remets complètement à leur expertise. Dany Bouchard (le directeur général du Village historique de Val-Jalbert) est une référence au Québec dans le domaine touristique. Les dirigeants ont été très défenseur du site de Val-Jalbert », souligne le président.
Coûts et retombées économiquesLa Fondation Rivières, qui figure au nombre des opposants, remet en question la rentabilité du projet de même que les coûts de construction qui y sont associés qui n'auraient pas été actualisés depuis 2009.
« En 1994, la MRC du Domaine-du-Roy figurait au nombre des opposants. On jugeait que c'était un sacrilège de donner une ressource publique à un promoteur privé qui aurait fait une fortune avec sa centrale. Aujourd'hui, maintenant que ce sont des entités publiques qui en font la promotion, ça ne serait plus rentable? », s'interroge Denis Taillon.
En ce qui concerne les coûts de construction, tout a été pensé lors de la réalisation des estimés. « Le projet est évalué à 53 M$. Lors de la préparation, nous avons tenu compte que les travaux ne débuteraient qu'en 2013. Nous y avons appliqué un pourcentage d'inflation. Il y a aussi une réserve financière de 4 millions de dollars en cas d'imprévus », explique Denis Taillon.
En ce qui concerne les profits, le contrat avec Hydro-Québec est ferme pour les 20 prochaines années. Il est établi en fonction du coût du marché avec une majoration de 2,5 % par année. Ainsi, lors du début de la production prévu en 2015, la société recevra 8,06 cents du kilowatt/heure.
Lors de la première année de mise en service, le promoteur entend se garder une réserve financière de 400 000 $ pour pallier aux imprévus. Les dividendes pour la MRC du Domaine-du-Roy uniquement seront de 10,8 M$ jusqu'en 2035. Ces calculs ont été réalisés en tenant compte d'un taux d'intérêt de 5 %, qui est un taux jugé conservateur.
Après 2035, la société estime que les revenus seront plus imposants, car le règlement d'emprunt sera payé en entier. Le contrat sera renouvelé avec Hydro-Québec si le promoteur répond aux exigences, ce qui sera une formalité selon Denis Taillon.
Attribution des contratsLa Société de l'énergie communautaire du Lac-Saint-Jean est composée de partenaires publics. Dans le projet de Val-Jalbert, on compte le Conseil des Montagnais du Lac-Saint-Jean (Pekuakamiulnuatsh Takuhikan), la MRC du Domaine-du-Roy, la MRC Maria-Chapdeleine et la municipalité de Chambord.
Tous les contrats ont été ou seront octroyés par appels d'offres. Ils sont publiés sur le site de la société de même que sur le site SEAO qui comprend l'ensemble des appels d'offre au Québec.
Il n'y a qu'une seule exception où le contrat a été octroyé de gré à gré. Un échange de ressources humaines a été conclu avec Développement Pekuakami Ilnuatsh, une société en commandite du Conseil des Montagnais. Comme l'organisme détient déjà une expertise en matière de développement hydroélectrique, leurs connaissances ont été mises à profit dans le processus de préparation.
D'ailleurs, selon Denis Taillon, le ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire a donné son aval à cette façon de faire.
Un projet publiciséLe président de la société, Denis Taillon, ne comprend pas comment il est possible que des gens prétendent n'avoir jamais entendu parler du projet de mini-centrale. Il explique que dans le cadre de l'appel d'offres d'énergie communautaire lancé par Hydro-Québec, les différents promoteurs devaient prouver que l'acceptabilité sociale était au rendez-vous.
« Lors des premiers balbutiements du projet en 2009, nous avons tenu deux rencontres à Chambord et Mashteuiatsh qui ont attiré 157 personnes. La revue de presse de cette période comprend 62 interventions médiatiques. Nous avons réalisé un sondage auprès de 82 répondants. Un pamphlet a aussi été distribué dans chacune des résidences pour informer la population de la tenue de ces rencontres. Des avis publics ont été publiés dans les journaux. C'est à partir de toutes ces informations que nous avons rédigé le premier rapport sur l'acceptabilité sociale qui a fait en sorte que le gouvernement nous a donné le feu vert afin de présenter un projet », explique Denis Taillon.
BAPEPar la suite, la Société de l'énergie communautaire a tenu des séances de préconsultation afin que la population puisse donner son opinion. Ensuite, le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) a entendu les différents intervenants liés au dossier.
« Il y avait des spécialistes du ministère de l'Environnement, de la Culture, d'Hydro-Québec qui participaient aux audiences. Ils ont validé les informations qui étaient présentés aux commissaires. Je crois que les audiences du BAPE ont permis de bien présenter les enjeux et les impacts et de donner toute l'information nécessaire », affirme M. Taillon.
Réponse attendue de Daniel BretonAvant d'accéder au poste de ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Daniel Breton a déjà été très critique à l'endroit du programme d'achat d'énergie communautaire d'Hydro-Québec et sur le BAPE qui livrait parfois des rapports complaisants envers les promoteurs. Ce sont d'ailleurs des arguments invoqués par le groupe d'opposants.
« C'est certain que cela soulève des questions. Mais quand on regarde froidement notre projet, je crois que le gros bon sens va prendre le dessus. J'ai rencontré Pauline Marois alors qu'elle était chef de l'opposition et elle m'a répondu qu'elle était favorable à l'énergie communautaire tant que l'acceptabilité sociale était au rendez-vous, ce que nous croyons. Le député Denis Trottier a aussi confirmé qu'il était favorable. Quant à Daniel Breton, il est favorable à la présence du public plutôt que du privé. C'est à lui de faire ses analyses », indique Denis Taillon.
Ce dernier espère maintenant que les autorisations seront délivrées d'ici la mi-novembre. La société veut ainsi respecter le calendrier des travaux pour ne pas nuire à la saison touristique.
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Qu'on soit POUR ou CONTRE le projet de BARRAGE SUR VAL-JALBERT, il y’a une problématique importante. C'est que le nombre d'heures en débit esthétique ne comble pas les heures en soirée et matinée avec achalandage, alors que des touristes et utilisateurs sont présents sur le site. Donc la fameuse photo avec le petit filet d'eau sera la réalité. Généreux et Taillon peuvent-ils nous expliquer pourquoi la Corporation du Parc de Val-Jalbert demande des heures de plus avec ce débit esthétique ? Pourquoi le BAPE, la MRC, Généreux et Taillon ne considèrent aucunement les demandes de la Corporation du Parc qui dit qu'elle veut développer l'offre touristique sur 12 mois plutôt que 4 mois actuellement. Un développement impossible et utopique avec la destruction (détournement) de la rivière sur un kilomètre et l’assèchement de sa dizaine de chutes exceptionnelles. Croyez-vous que la Corporation aurait investis 20 millions pour rénover autant de bâtiments pour les utiliser ou louer que 4 mois et 7 heures par jour ? C’est là une partie de l’absurdité du projet de barrage. Investir 20 millions pour rénover des bâtiments, PLUS un autre 160 millions d’argent public pour l’achat de l’électricité que le Québec n’a pas besoin. Je commence à trouver que ça fait beaucoup d’argent gaspillé, de destruction du patrimoine et de nature pour 1 seul emploi ! Pendant ce temps-là, le Québec s’endette, les hôpitaux débordent, des gens meurent dans l’attente d’un traitement, mais on dilapide encore les fonds publics sans discernement. MM. Généreux, Taillon et tous les décideurs sans jugement, il vous faudra bien un jour, arriver en 2012, et faire du vrai développement durable. Est-ce encore possible dans notre région ? Avec le tas de barrages hydroélectriques déjà présents dans la région, il faudra bien vous contenter un jour… Vous ne pourrez pas éternellement siphonner l’État comme vous le faites actuellement. Car l’État, c’est aussi nous tous.