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Le pont de l’innovation

Daniel Migneault
Publié le 11 Juillet 2008
Publié le 26 Juillet 2010
Daniel Migneault  RSS Feed

Personne ne pourra reprocher au maire de Saint-Félicien, Gilles Potvin, de ne rien avoir tenté pour faire du pont Carbonneau une vitrine technologique. Après deux projets qui ont avorté, il récidive avec une troisième tentative, plus modeste, mais qui permettra tout de même à sa ville de se démarquer.

Sujets :
Ministère des Transports , Chantiers Chibougamau , Boulevard Saint-Félicien , Pont Carbonneau , Rue Saint-Georges

À prime abord, M. Potvin souhaitait que le pont soit construit en aluminium. La réponse du ministère des Transports : trop dispendieux. En effet, un pont en aluminium qui coûterait cinq fois plus cher qu’une structure d’acier et de béton n’était certainement pas une solution envisageable.

Deuxième option : construire le pont en bois. Cette idée originale en a fait sourciller plus d’un. Dans le contexte de la crise forestière, cette alternative devait être envisagée. Après vérification, il s’est avéré que la technologie développée par Chantiers Chibougamau n’était pas encore adéquate pour une telle construction. De plus, les entreprises de construction n’ont plus l’expertise du bois de nos jours. Il fallait aussi penser à la durabilité de l’ouvrage. En effet, le ministère affirme que le nouveau pont devra résister pendant 75 années.

Le maire Gilles Potvin a tout de même tenu à rendre hommage aux représentants du ministère des Transports qui ont bien étudié ces idées avant de les rejeter. Saint-Félicien n’aura tout de même pas tout perdu. Une piste cyclable sera aménagée sur le pont. Il y aura aussi un belvédère. La Ville souhaite utiliser ce belvédère pour présenter un spectacle eau et lumière historique. D’ailleurs, les gens peuvent se rendre à l’hôtel de ville pour voir une maquette du projet et donner leurs commentaires. La décision d’aller de l’avant ou non sera prise par la suite.

Le maire Gilles Potvin a clairement indiqué qu’il refusait que la reconstruction du pont n’amène aucune retombée à long terme pour Saint-Félicien. Il entend bien interpeller la ministre des Transports, Julie Boulet, pour obtenir toutes les autorisations.

Consultation

Entre-temps, le ministère des Transports a tenu une séance de consultation sur la reconstruction du pont Carbonneau cette semaine. Une cinquantaine de citoyens se sont déplacés pour prendre connaissance des options retenues. Bien peu de commentaires sont ressortis de la soirée, ce qui semble prouver que le projet est bien accepté.

Dans les faits, une quinzaine de résidences et commerces devront être expropriés. Sur la rive du centre-ville de Saint-Félicien, le bâtiment qui abrite présentement le Superclub Vidéotron est touché, de même que les commerces et résidences de part et d’autre du boulevard Saint-Félicien. Sur cette même rive, l’accès à la rue Saint-Georges sera fermé pour augmenter la sécurité.

Sur l’autre rive, un feu de signalisation sera installé à l’intersection de la route 169 et de la rue Bellevue pour augmenter la sécurité. Plusieurs résidences en bordure de la route 169 coté Sud seront aussi expropriées pour élargir la route. Des négociations sont amorcées avec les propriétaires pour établir les compensations.

Les plans et devis finaux seront prêts à l’hiver 2009. La phase 1 des travaux, soit la construction de la nouvelle travée, est prévue pour l’été 2009. Ensuite, à l’été 2010, l’actuel pont Carbonneau sera démoli pour faire place à une nouvelle structure. La fin des travaux est prévue en 2011.

Les retombées économiques de la reconstruction ne sont pas négligeables. Des investissements de 43 M$ seront réalisés. Au cours des travaux, 212 emplois directs par année seront créés. Les analyses prévoient aussi la création de 128 emplois indirects pour un total de 340 emplois.

Un baume

Ces retombées sont un baume sur les plaies du comté Roberval qui est toujours affecté par la crise forestière. À Saint-Félicien, deux mauvaises nouvelles ont frappé coup sur coup soit l’arrêt temporaire de l’usine AbitibiBowater et la perte d’un contrat important pour SFK Pâte. « Cette annonce nous permet de réfléchir sur les priorités. Nous avons plusieurs projets, mais nous devons penser à la capacité de payer des citoyens. Nous n'avons pas l'intention d'hypothéquer la ville. Les membres du conseil et moi avons le rôle de pères de famille. Nous devons donc observer toutes les possibilités afin de prendre une bonne décision », souligne Gilles Potvin.

L’espoir demeure…

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