Peut-être est-ce le fait d'être la fille d'un producteur agricole, mais le printemps me ramène toujours à mes racines. Cette semaine, je me suis rendu compte que je n'avais même pas parlé de la dernière campagne de sensibilisation de l'UPA : « Pas de nourriture sans agriculture ». Il n'est jamais trop tard et je pense qu'il faut maintenant prendre conscience de l'importance des entreprises agricoles dans notre région.
On doit prendre conscience de l'importance de l'agriculture au Québec. Seulement 2 % du territoire sont des terres cultivables. Ce qui est dommage, c'est de voir les instances gouvernementales empiéter dessus pour construire des routes ou faire des nouveaux développements résidentiels. Ce n'est plus rare maintenant de voir ce genre de chose se produire. L'agriculture est le premier jalon du développement de notre région. Ce sont nos ancêtres qui sont venus ici défricher la terre. Aujourd'hui, on se moque bien de ceux qui nous ont permis de grandir ici et on ne reconnaît plus les valeurs du monde agricole.
À voir s’alourdir sans cesse le fardeau d’incertitude que l’État fait peser sur le secteur agricole, il était temps que les producteurs et productrices alertent la population. L’avenir de l’agriculture et de notre capacité à se nourrir en tant que société se jouent en ce moment au Québec. Par contre, la campagne n'a pas eu l'ampleur escomptée. Une chance que les affiches sont toujours bien visibles. Il est important de permettre aux gens de garder ce slogan en tête.
Cet avenir, c’est d’abord l’intégrité du territoire agricole, indispensable pour nourrir une population toujours croissante. L'histoire n'est pas jeune dans la région. Les aînés se souviendront de la tragédie du lac Saint-Jean, nom donné par les cultivateurs aux événements qui sont survenus à la suite de l'érection d'un barrage au niveau de la Grande-Décharge à la fin des années 20. Le lac est alors monté à un niveau considérable, inondant à tout jamais près de 800 hectares de terres cultivables le long de la rive. La lutte de ces cultivateurs pour revenir au statu quo a été un échec. Je comprends les agriculteurs d'être inquiets.
Comme les problèmes viennent souvent en paquet de deux, le manque de relève est une autre difficulté que doivent surmonter les agriculteurs. Le comité national des jeunes du Parti québécois a publié un communiqué à ce sujet la semaine dernière. Au Québec, on dénombre la perte d’une entreprise agricole par jour. Pour renverser la vapeur, le CNJPQ propose des mesures pour le transfert des fermes, la formation de la relève, ainsi qu'une structure d’aide qui pourraient encadrer la relève et l’aider dans les diverses facettes de la gestion d’une entreprise agricole.
Il faut sans aucun doute mettre l'agriculture au goût du jour. Bien qu'il s'agisse d'un secteur d'activité ancestral, il ne faut pas penser qu'il n'y a plus rien à faire. Le monde agricole a subi une transformation importante en quelques années et les choses évoluent encore plus rapidement. Il est grandement temps que tous sachent qu'ils ont un rôle à jouer dans le développement des fermes d'ici. En les encourageant, on s'assure de la survie de ces entreprises et en plus on consomme des produits frais qui n'ont pas fait des kilomètres avant de se trouver dans notre assiette. Avec l'arrivée du printemps, je pense qu'il faut y réfléchir.
Les zones agricoles sont un patrimoine collectif
Je ne sais pas si ce sont les premiers chauds rayons du soleil qui me rendent de si bonne humeur. J'ai l'impression que tout se réveille autour de nous. Le soleil fait acte de présence un peu plus longtemps tous les jours. On commence vraiment à sentir l'arrivée du printemps. Le beau temps éveille en nous une multitude de choses.
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