La communauté noire se sent bien au Saguenay-Lac-Saint-Jean


Publié le 15 février 2017

Khadiyatoulah Fall, Christian Mezimes Soboth et Aude Kouma étaient les invites du Cercle de Presse du Saguenay.

©Photo: TC Media-Dominique Savard

INTÉGRATION. L'attentat du 29 janvier à la mosquée de Québec a ajouté un élément nouveau à la violence provoquée par des extrémistes religieux, selon Khadiyatoulah Fall, professeur à l'UQAC et titulaire de la Chaire d'enseignement et de recherche interethnique et interculturelle.

Invité au Cercle de presse du Saguenay, mercredi, en compagnie de Christian Mezimes Soboth et Aude Kouma, respectivement président et secrétaire générale de l'Association des Africains du Saguenay-Lac-Saint-Jean, M. Fall soutient que les extrémistes se nourrissent les uns les autres.

« On a toujours vu l'extrémiste à partir de l'Islam et le 29 janvier, on a découvert qu'il y a ici un extrémiste de droite qui peut tuer. La violence peut venir d'un groupe autre que des musulmans. Ce qui s'est passé depuis, le Québec de l'inclusion, de la solidarité, de la nuance est en train de s'éveiller. Je suis heureux. Ce que je vois me donne espoir. Nous sommes un pays de nuances. »

Pour sa part, M. Mezimes Soboth avoue que ces événements sont malheureux et que pour son Association, il s'agit d'un acte singulier d'un individu.

« Selon nous, cet homme Alexandre Bissonnette, est la septième victime de cet attentat. Son acte témoigne d'une absence de connaissances de l'autre, d'une vision assez cantonnée qui s'est abreuvée à une information manipulée. L'éducation est l'arme la plus puissante pour changer le monde. Il faut éduquer, informer, connaître l'autre », affirme le président dont l'organisme regroupe une centaine de membres dans la région.

Khadiyatoulah Fall est professeur à l'UQAC et titulaire de la Chaire d'enseignement et de recherche interethnique et interculturelle.

©Photo: TC Media-Dominique Savard

Intégration véritable

Khadiyatoulah Fall est catégorique. Il ne sent pas de vent de xénophobie dans la région.

« Je suis porté par l'optimiste. Très sincèrement, je crois que nous sommes bien dans la région. Les gens que je côtoie trouvent qu'il y a, malgré certains dérapages comme un incident à la mosquée et des tracts, un vent de sérénité et ensemble on est en train de bâtir des ponts. Très honnêtement, il y a ici un vent d'accueil, d'hospitalité et d'ouverture et je suis fier d'appartenir au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Nous sommes dans une dynamique de considération et d'intégration véritable. »

M. Fall rappelle que selon une étude de Frédéric Castel, un spécialiste de l'immigration, on constate que la communauté noire de la région s'intègre bien et trouve du travail.

« Il faut dire aussi que nous recevons la crème de l'immigration. Ils sont à l'université, des ingénieurs, des professeurs, des étudiants. Il faut travailler à ouvrir encore les portes, mais je crois que la communauté noire s'en sort bien ici, et il faut le dire. »

Christian Mezimes Soboth est le président de l’Association des Africains du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

©Photo: TC Media-Dominique Savard

Mois de l'histoire des Noirs

Rappelons que février est le mois de l'histoire des noirs. En 2017, le thème est "Femmes noires et leadership social".  Des activités sont prévues dans la région jusqu'au 24 février.

« Du nombre, il y a la projection du film "Viola Desmond, première Canadienne au recto d'un billet de banque".  Nous tiendrons une table ronde sur la femme noire, l'intégration et le vivre ensemble », précise Aude Kouma.

Rappelons que Viola Desmond est une femme noire qui, dans un cinéma en Nouvelle-Écosse en 1946, a posé un geste de refus de la discrimination en allant s'asseoir dans espace réservé aux blancs. Elle fut arrêtée et mise à l'amende.