Le bonheur d’être au volant d’une surfaceuse

Publié le 12 mars 2017

Rien ne peut rendre plus heureux Roger Grenier que de conduire une surfaceuse, entretenant les sentiers de motoneige et appréciant le paysage qui n’est jamais pareil.

©TC Media - Denis Hudon

MOTONEIGE. Si les motoneigistes peuvent emprunter de beaux sentiers et rouler en toute sécurité, c’est qu’il y a des professionnels qui veillent au grain. Roger Grenier est l’un de ces conducteurs de surfaceuses pour le club Relais des buttes de Saint-Félicien. À raison de trois fois par semaine, il sillonne des centaines de kilomètres de sentiers pour le confort, le plaisir et la sécurité des usagers.

À la retraite depuis une dizaine d’années, ce mécanicien de profession et opérateur de machinerie forestière se retrouve aujourd’hui derrière le volant d’une surfaceuse.

« C’est un retour cette année pour moi, après cinq ans d’absence. Je suis l’homme le plus heureux du monde à bord d’une surfaceuse. Quand on m’a demandé en janvier si je voulais revenir comme opérateur, j’ai dit oui tout de suite », raconte-t-il.

Le club dispose de deux surfaceuses, l’une qui fait les sentiers au sud de la rivière Ashuapmushuan jusqu’à Roberval et Mashteuiatsh, l’autre qui entretient les sentiers du côté nord jusqu’à Dolbeau-Mistassini.

Roger Grenier s’occupe de ce deuxième secteur, environ 80 kilomètres de sentiers. Il effectue trois sorties par semaine généralement, pour une moyenne de 8 à 10 h de travail par sortie.

« Nous passons la surfaceuse surtout le soir. Il y a moins de motoneiges dans les sentiers, c’est donc beaucoup plus sécuritaire, surtout pendant la semaine. C’est un peu différent la fin de semaine. Lorsqu’il y a des motoneiges le soir, tout le monde roule les phares allumés, on les voit beaucoup mieux. Et le jour, les paysages sont magnifiques, on y croise quelques animaux comme le lièvre ou le chevreuil et même parfois des renards », raconte cet amant de la nature.

Roger Grenier opère l’une des deux surfaceuses du club de motoneige Relais des buttes de Saint-Félicien.

©TC Media - Denis Hudon

L’ennemi des sentiers

Il faut dire qu’à une vitesse variant de 12 à 15 km/heure, Roger Grenier a tout le temps voulu pour voir du paysage. Il doit toutefois rester concentré et s’ajuster constamment à l’état des pistes, selon les caprices de Dame Nature. « Le temps doux est le pire ennemi. À -15 ou -20 degrés Celsius, c’est l’idéal, mais même un froid de -30 degrés et plus, c’est excellent pour les pistes. La surfaceuse travaille mieux dans ce temps-là », explique-t-il.

Autre élément de la nature qui fait la vie dure aux sentiers est le vent, surtout en terrain vague où rien ne peut l’arrêter. « La neige s’entasse rapidement et dégrade les sentiers. En revenant sur nos pas au retour, c’est comme si le sentier n’avait pas été gratté », observe Roger Grenier.

Il trouve d’ailleurs que les motoneigistes sont pour la plupart très courtois lorsqu’il en croise. « La surfaceuse couvre environ 10 pieds de large, il ne reste que 2 pieds pour faire passer une motoneige. Chacun fait sa part pour laisser le plus de place possible », dit-il encore. Les surfaceuses du Relais des buttes effectuent environ 400 heures par hiver.