L'arrivée : un chef-d'œuvre de science-fiction

Nouveautés cinéma maison


Publié le 16 février 2017

Cette semaine, notre chronique met en vedette deux des réalisateurs québécois les plus en vue sur la planète. On parle ici de Denis Villeneuve et Xavier Dolan.

Étoiles: **** et demie Pascal Cloutier

Denis Villeneuve adapte une histoire de Ted Chiang, un auteur américain de 50 ans dont c’est le seul écrit porté à l’écran. Intrigant, inquiétant, épeurant même, L’Arrivée met en scène des étrangers qui s’invitent un peu partout sur la planète. Un scénario qui évoque sous forme de métaphore, la peur de l’autre.

Pour une fois, le scénario prévoit une période de questionnement face à l’intrus. Un exercice d’enquête qui se base sur des méthodes scientifiques rigoureuses. D’ailleurs, ce que raconte le dernier film de Villeneuve a cet esprit génial et concret de vouloir poser des questions avant d’agir.

Des savants d’horizons forts différents, une linguiste jouée par Amy Adams et un mathématicien joué par Jeremy Reiner, sont appelés à prendre contact avec les nouveaux arrivants. Entourés par l’armée américaine qui ne trouve pas la situation très comique, les deux experts se pencheront sérieusement sur cette rencontre du troisième type. Sans prendre cette tâche à la légère, les deux scientifiques sont chargés de trouver une manière de communiquer avec ces êtres très différents.

Comme dans la plupart des films de Villeneuve, la trame de tout ça n’a rien de facile. Nous qui apprécions le travail de Villeneuve comprenons que le format d’une telle production n’offre pas des réponses toutes faites au spectateur. Nous comprenons aussi que ceux qui recherchent le divertissement facile et léger n’y trouveront peut-être pas ce qu’ils cherchent. L’approche de cette histoire et la manière de nous la raconter soulignent tout le talent et la subtilité du réalisateur.

En nomination pour plusieurs Oscars, cette production va peut-être permettre à Villeneuve de marquer l’histoire du pays et d’Hollywood. L’Arrivée n’est rien de moins qu’un chef-d’œuvre de science-fiction.

Juste la fin du monde

Étoiles: *** et demie

Mal reçu par la critique américaine à Cannes l’an dernier, cette production essentiellement française de par sa distribution est pourtant une grande réussite et une autre preuve du grand talent de Dolan.

Le jeune Québécois dirige avec force de grands acteurs français comme Marion Cotillard, Vincent Cassel, Nathalie Baye, Léa Seydoux et de nouveaux venus originaires de Saint-Jean-sur-Richelieu comme Antoine Desrochers, fils du réalisateur Alain Desrochers. Oui, les films de Dolan font la part belle aux dialogues, aux non-dits, aux esclandres à la limite du supportable, mais la vie n’est-elle pas semblable à ça?

Nous comprenons que le genre est moins populaire que celui qui pousse les cinéphiles à atteindre des records au box-office. Certains cinéphiles trouveront que Juste la fin du monde est un de ces drames verbeux qui nous provenaient de nos cousins d’outre-Atlantique à une certaine époque. Mais avouons que dans le genre, Dolan fait un travail exceptionnel, lui qui n’a pas encore 30 ans.

Une famille se réunit autour de Louis (Gaspard Ulliel), un écrivain bien ordinaire qui doit leur annoncer quelque chose qui n’a rien d’ordinaire. Les réactions à son retour seront fort différentes d’un membre du clan à un autre. Les personnalités réagiront différemment, certaines seront choquées, d’autres tristes et fâchées, d’autres encore réagiront plutôt froidement. Essayer de deviner ce qu’il vient faire une douzaine d’années plus tard dans la famille est au centre du scénario.

Se dire les quatre vérités durant 1h37 pourrait devenir pesant, mais les propos que tiennent ceux qui entourent Louis n’ont rien d’ennuyant. Une famille de fous.

Nous n’irions pas jusqu’à dire que c’est le meilleur film de Dolan, mais nous n’avons aucune intention de vous déconseiller son visionnement. Au contraire.

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