Une bataille de plus pour le Saguenay—Lac-Saint-Jean
Les luttes que doivent mener les intervenants du Saguenay—Lac-Saint-Jean se multiplient. Une bataille pour obtenir des retombées tangibles de nos ressources naturelles; une autre pour sauver ce qui reste de notre industrie forestière; une troisième pour convaincre Greenpeace que les Saguenéens et les Jeannois ne sont pas des barbares; et j’en passe. La plus récente en lice est celle contre les régions centrales qui tiennent mordicus à ce que les avantages fiscaux consentis aux régions ressources soient abolis purement et simplement.
Le journal La Voix du Sud, qui dessert la région de Chaudière-Appalaches, rapporte les résultats d’une étude commandée par les régions centrales à la firme KPMG sur les impacts du programme des régions ressources sur leurs entreprises. Le rapport mentionne que le nombre d’entreprises en secteur manufacturier a diminué de 308 ou 3,5% alors que les entreprises manufacturières en régions ressources ont augmenté de 111 ou 10,3%.
Concrètement, il n’en demeure pas moins qu’il y a une différence de près de 200 entreprises. Certes, les régions ressources ont bénéficié de certains avantages. Toutes les régions sans exception vivent des problèmes. Cependant, ceux des régions ressources sont majeurs.
Dépendance aux ressources naturelles
Le premier problème est sans aucun doute notre dépendance aux ressources naturelles. Les industries forestières et de l’aluminium ont toujours favorisé la première transformation. Au fur et à mesure que les technologies évoluent, les usines deviennent rapidement désuètes. Les usines de remplacement ne viennent pas toujours et lorsqu’elles viennent, il y a moins d’emplois en fin de compte. C’est pour cette raison que la diversification économique est si importante.
Pour atteindre cet objectif, il faut développer de nouveaux marchés. Malheureusement, cela ne se fait pas du jour au lendemain. C’est pour cette raison que nous avons besoin de soutien pour traverser cette période cruciale.
Attirer des promoteurs en région n’est pas chose facile. L’éloignement géographique engendre plusieurs frais, notamment pour le transport. Lorsque la situation se sera améliorée, et seulement à ce moment-là, l’abolition des avantages fiscaux pour les régions ressources pourra être envisagée.
Les régions ressources ne sont pas les seules à bénéficier du soutien gouvernemental. La grande région métropolitaine de Montréal a mis de l’avant son projet de Cité du multimédia avec l’aide du gouvernement du Québec. Aujourd’hui, cette initiative a rapporté des dividendes. Ne soyons pas jaloux des avantages d’une région par rapport à une autre. Nous avons plusieurs batailles à mener. Nous n’avons certainement pas besoin de celle-ci contre nos voisins.
Des arguments unanimes
Pour une fois, le Saguenay—Lac-Saint-Jean a mis de côté les différends qui le caractérisent si bien et a adopté une position unanime lors des audiences du Groupe de travail sur les aides fiscales pour les régions ressources.
La Conférence régionale des élus demande que ces aides fiscales soient prolongées au-delà de décembre 2009 jusqu’à ce que l’écart qui existe entre les régions ressources et les autres régions soit comblé. On demande que le gouvernement du Québec implique davantage les régions dans l’élaboration de sa politique de développement régional et qu’il contribue à la mise sur pied d’un Fonds de capital de développement adapté à nos besoins.
Dans son mémoire, la FTQ Saguenay—Lac-Saint-Jean a dévoilé quelques statistiques : les mesures fiscales pour les régions ressources représentent environ 5,8 % de l’aide fiscale de 1,8 milliard $ octroyés aux entreprises du Québec en 2006 et 4% de l’aide gouvernementale totale aux entreprises, soit 104 millions sur 2,6 milliards. Pour sa part, l’aide spéciale à la Vallée de l’aluminium représente 0,2 % de l’aide gouvernementale; 5 millions sur 2.6 milliards.
Finalement, le Regroupement des chambres de commerce du Saguenay—Lac-Saint-Jean écrit : « Le nombre d’emplois crées dans les régions ressources ne compense pas encore pour les pertes d’emplois encourues depuis les 20 dernières années. »
Évidemment, il sera difficile de retrouver le même plancher d’emplois que celui de « belles années ». Les aides fiscales peuvent cependant nous aider à nous en rapprocher.