La première vice-présidente de l’UPA, Martine Mercier, et le président de la Fédération régionale de l’UPA, André Fortin.(Photo : Daniel Migneault)
Les agriculteurs cogitent sur l’avenir de leur industrie
Congrès de la Fédération de l’Union des producteurs agricoles
Le renouvellement des programmes de la Financière agricole, les difficultés de la production porcine, la formation de la relève agricole et l’implantation d’un abattoir régional sont quelques thèmes qui ont retenu l’attention lors du 77e congrès de la Fédération l’Union des producteurs agricoles (UPA) Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Ce congrès, qui a eu lieu le 16 octobre à Saint-Félicien, s’est déroulé sous le thème « L’agriculture régionale… un héritage à conserver ». Le président de la fédération régionale, André Fortin, souligne que l’agriculture vit une profonde transformation. Il précise que la Financière agricole devra revoir ses politiques d’aide aux producteurs pour faire face aux réalités du marché.
Les négociations avec le gouvernement sont en cours. Un accord devra intervenir d’ici le printemps 2008. Selon M. Fortin, le gouvernement cherchera à conserver la même enveloppe tandis que les agriculteurs recherchent une majoration des enveloppes financières. La hausse du dollar canadien et la mondialisation des marchés affectent grandement les producteurs.
Relève agricole
L’agriculture vit des problèmes similaires au secteur forestier. En effet, plusieurs emplois sont disponibles, mais il est difficile de recruter des travailleurs qualifiés. M. Fortin croit qu’il faut améliorer les programmes de formation, autant pour les propriétaires de ferme que pour les travailleurs.
Au cours des dernières années, le nombre de fermes a diminué considérablement. La chute s’est maintenant stabilisée. Il y a environ 1100 fermes au Saguenay—Lac-Saint-Jean. Le président de la fédération régionale explique cette situation par le retour de la confiance au sein de différents secteurs de l’agriculture.
Production porcine
Les producteurs porcins ont plusieurs problèmes de mises en marché depuis maintenant trois ans. Présentement, ils obtiennent 43 cents/livre alors qu’un prix de 78 cents/livre est nécessaire pour atteindre la rentabilité. Auparavant, le marché américain offrait des possibilités intéressantes. Maintenant, les producteurs américains sont mieux organisés et il n’y a pas de débouchés pour le porc du Québec.
« On ne voit pas de lueur d’espoir pour l’avenir, affirme André Fortin. Le gouvernement doit nous aider à passer à travers la crise. Le consultant Guy Coulombe a été embauché pour proposer des solutions. On espère que son rapport permettra de dénouer l’impasse rapidement. »
Abattoir régional
Le projet d’abattoir régional refait surface. Le président rappelle que les producteurs agricoles ont tenté de développer ce projet, mais que cela s’est avéré difficile. Un promoteur privé s’est manifesté pour prendre en main le projet. Augustin Lavoie de La Baie souhaite transformer des viandes exotiques comme du wapiti, du sanglier ou du bison. Par la suite, l’abattoir transformerait du porc, du bœuf et de l’agneau. La capacité d’abattage se situerait entre 35 000 et 40 000 têtes par année.
André Fortin souligne que la fédération soutient ce projet. Il entrevoit des économies intéressantes pour les producteurs, notamment pour le transport. Il est convaincu que le projet peut être rentable, malgré la crise de la production porcine.