L'usine Louisiana-Pacific, de Chambord, ressent les effets négatifs de la crise forestière. (Photo : Hélène Gagnon)
Louisiana-Pacific envisage une diminution de sa production
Une décision qui sème l'inquiétude
L'usine Louisiana-Pacific de Chambord qui compte 180 employés, tourne actuellement à pleine capacité, de jour comme de nuit, sept jours par semaine. La crise de l'industrie forestière commence à faire sentir ses effets, car les dirigeants examinent la possibilité de diminuer la production à cinq jours par semaine.
En effet, l'importante diminution des mises en chantiers aux États-Unis, la hausse du dollar canadien et la perte éventuelle de contrats d'approvisionnement forestier, qui explique la fermeture de l'usine de Saint-Michel-des-Saints, pourraient également affecter la production de l'usine de Chambord.
Environ 52 employés seront remerciés si l'usine ferme ses portes deux jours par semaines. Seulement les employés syndiqués seront touchés par cette diminution. Selon Evans Simard, président du Syndicat des employés de l'Usine Louisiana-Pacific de Chambord, les cadres garderont leurs postes à première vue. « Nous sommes déjà en manque de main-d'œuvre à l'usine. Selon moi, 15 employés manquent à l'appel afin de répondre parfaitement à la demande. Je ne suis pas certain qu'ils oseront supprimer autant de postes qu'ils affirment », a-t-il ajouté.
Une proposition inattendue
Le maire de Chambord, Bruno Laroche, ne peut pas cacher son inquiétude devant cette situation : « J'ai rencontré Serge Guay, directeur de Louisiana-Pacific de Chambord. Celui-ci m'a affirmé que ce n'était pas une blague. La situation de l'Usine n'offre pas d'autre choix que de diminuer de la production à cinq jours semaine », affirme M. Laroche.
« L'entreprise Louisiana-Pacific a déjà exploité le roulement d'usine à cinq jours semaine en Ontario. Les résultats ne se sont pas avérés très concluants. Donc, que se passera-t-il avec l'usine si nous entamons la même démarche? », mentionne le maire.
La municipalité aura certainement de la difficulté à assumer le choc si, tout comme à Saint-Michel-des-Saints, l'usine ferme définitivement.
« Pour la municipalité, des pertes d'environ 78 000 $ seraient enregistrées annuellement. Avec ce trou dans le budget de la localité, je peux vous affirmer que l'évolution de Chambord prendrait un dur coup », précise M. Laroche.
À la suite de la fermeture de l'usine Agropur on peut se douter que le scénario actuel est optimiste : « Il s'agit du plan de match qu'ils nous ont proposé. C'est mieux ainsi que de fermer un ou deux mois pour diminuer la production. Par contre, ouvrir l'usine cinq jours par semaine, je ne pense pas que ce soit la seule possibilité », souligne Evans Simard.
« Les usines ferment un peu partout. Nous aurions pu rester ouverts à 100 %, mais avec un roulement d'environ 75 %, nous devrions être en mesure de répondre aux besoins de la clientèle proche. Des programmes gouvernementaux peuvent nous aider à combler le manque. Présentement, plusieurs quincailleries ont des problèmes à s'approvisionner en panneaux, donc vont-ils créer une rareté qui obligera le marché à reprendre de plus belle? », indique M. Simard.