Rivalité hommes-femmes : apprendre à jeter la serpillère
Cette semaine, je vais être féministe du début à la fin de ce texte. J’ai décidé, mesdames et messieurs, de ne pas attendre le 8 mars 2008 pour célébrer la femme. Donc, en cette fin de semaine du 8 décembre, je désire rendre un hommage aux mamans à la maison, aux femmes qui travaillent dans le public, aux étudiantes, à nos mères et nos grands-mères qui quotidiennement franchissent des barrières et permettent aux femmes d'avancer et de briser les tabous.
Plusieurs affirment que la femme doit encore faire sa place sur le marché du travail. Faux! Toute femme a sa place, elle doit seulement la prendre. Tous les matins, quand je rentre dans mon bureau, la première chose que je vois, affichée sur mon mur, est une feuille, 8 1/2 x 11 sur laquelle j’ai inscrit « Je prends ma place ». Simplement pour me rappeler que je suis là et que je dois interagir si je désire que les choses se passent un peu à ma manière.
Bien évidemment, il y a toujours des concessions à faire. On ne doit pas s’imaginer comme des guerrières prêtes à mettre au sol le premier homme qui osera ouvrir la bouche pour nous contredire. On doit prendre notre place, mais ne pas prendre celle des autres que nous côtoyons.
Les hommes et les femmes ont tous des forces et des faiblesses. Je pense qu’il est nécessaire, en 2007, de mettre à terre les stéréotypes. Je vais prendre un exemple bien simple. Dans le quotidien Le Soleil, le dimanche 2 décembre, les gens pouvaient lire « Une femme à la tête de la réserve navale ». Comment réagissez-vous à la suite de la lecture de ce titre? Est-ce que vous êtes choqué? Êtes-vous heureux? Certains pensent peut-être que c'est une blague? Comment auriez-vous réagi si le titre avait été « Un homme à la tête de la réserve navale »? Je suppose que la plupart d’entre vous auriez tourné la page tellement cela nous semble logique et banal. Un homme qui prend les commandes de la réserve navale n’a rien d’étonnant.
Je pense qu’au fil des années, nous allons de plus en plus avoir affaire à ce genre de situation. Et c'est tant mieux. Il n’y a plus rien de strictement réservé aux hommes et plus rien n’est simplement réservé aux femmes. La mise en place des congés parentaux est la meilleure initiative qu’a prise le gouvernement. En implantant ce choix, une barrière a été brisée entre les hommes et les femmes.
Stéréotypes de société
Lors de forum de discussion organisé par Démokratia, une participante dans la salle a soulevé un point intéressant. Nous comparons souvent les femmes très engagées dans leur milieu à des Mme Blancheville, une femme épuisée, aux traits étirés et aux cheveux imparfaits. Mettez-là au côté de son pendant masculin M. Net, un homme au crâne bien luisant, aux bras gonflés et croisés. Un homme qui démontre un trop plein de confiance et qui ne semble pas avoir de doutes. Les apparences sont parfois trompeuses. Si vous donnez un balai à un homme, je vous promets qu’il fera les coins ronds.
J’ai l’impression que les hommes sont plus détachés de leur action dans le cadre de leur travail, ainsi que dans toutes les choses qu’ils accomplissent. Dans la vie, nous pouvons affirmer que l'Homme se divise en deux entités. Il y a la personne et le rôle. Les femmes ont plus de difficultés de se détacher du rôle qu’elles occupent. Nous avons tendance à nous investir dans notre travail à 110 % et ainsi à tout prendre personnel. Plusieurs hypothèses ont été présentées par Monsieur et Madame « Tout le monde ». Certains diront que les femmes sont émotives, alors que d'autres affirmeront que le tout est hormonal. Selon moi, on est seulement plus démonstrative. Quand quelque chose nous dérange, nous n'avons pas peur de le dire ou du moins de le faire voir.
Une école de pensée affirme que les femmes devront agir comme les hommes si elles désirent nécessairement prendre leur place. Je pense simplement que nous devons agir en complémentarité et être complices.
Plusieurs barrières ont été repoussées avec les années. Les femmes peuvent maintenant travailler sur les chantiers de construction ou occuper des postes de hautes instances. Il n'y a plus rien qui semble uniquement réservé à l'homme. Faites un bref exercice. Nommez-le nom d'un modèle politique? D'un modèle culinaire? D'un modèle scientifique? Peu importe la sphère de travail, peu de femmes sortiront du lot.
Présentement, je juge que nous sommes sur une bonne voie. Les tabous sont de plus de plus absents. Tant qu'à lutter seules, les femmes ont compris que quand l'on s'unit, on devient une force visible.