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AbitibiBowater : une décision juste

Daniel Migneault par Daniel Migneault
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Article mis en ligne le 25 janvier 2008 à 13:14
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AbitibiBowater : une décision juste
Le plan d'AbitibiBowater pour le Lac-Saint-Jean a été présenté cette semaine.(Photo : archives)
AbitibiBowater : une décision juste
Mon commentaire du 14 décembre 2007 s’intitulait « Industrie forestière : nous voulons des réponses ». À peine un mois plus tard, les réponses tant attendues sont venues.
Les représentants de la compagnie AbitibiBowater ont rencontré les délégués syndicaux et les élus du Lac-Saint-Jean mardi dernier pour leur exposer leur vision de l’avenir de l’industrie forestière. Commençons par les mauvaises nouvelles. La Scierie 54 située dans le Parc de Chibougamau ferme définitivement ses portes mettant 50 travailleurs à pied. Les usines de rabotage de Dolbeau-Mistassini et de Saint-Félicien sont trop désuètes et seront également fermées.

Cependant, les bonnes nouvelles sont de loin supérieures aux mauvaises. La Scierie de Roberval demeure en opération. Elle devra se contenter pour le moment de son Contrat d’approvisionnement et d’aménagement forestier actuel et ne disposera pas d’un volume supplémentaire de 200 000 mètres cubes, à moins qu’un nouveau partenariat ne voie le jour ou qu’AbitibiBowater se décide à faire appel aux producteurs privés. Deux quarts de travail sont toujours en opération.

Une vingtaine de travailleurs de l’usine de rabotage de Saint-Félicien perdront leur emploi ou seront relocalisés. La bonne nouvelle, c’est que la scierie demeure opérationnelle, ce qui consolide ainsi plus de 100 emplois.

Le maire de Saint-Félicien, Gilles Potvin, a eu de bons mots pour la proposition soumise par AbitibiBowater. Avec la confirmation de la survie de la scierie et du maintien du CAAF à Saint-Félicien, la Ville peut aller de l’avant avec son plan de développement intégré présenté à la population l’automne dernier.

Rappelons que les copeaux générés par la scierie servent à alimenter l’usine de cogénération de Saint-Félicien qui elle, en contrepartie, fournit de la vapeur pour le séchage du bois à la scierie.

La Ville pourra maintenant aller de l’avant avec la réalisation de son complexe de serres. Le journal Le Quotidien dévoilait plus tôt cette semaine que les Serres Sagamie ont manifesté un fort intérêt pour développer un complexe de serres à Saint-Félicien pour y produire des poivrons. Le premier magistrat croit que la compagnie a été sensible au plan de développement innovateur et sérieux présenté par la Ville à AbitibiBowater.

« Nous devions jouer cartes sur table, partir tous du même point pour mobiliser tout le milieu. AbitibiBowater a présenté un plan responsable en écoutant les communautés. Les dirigeants de la compagnie ont pris des décisions d’affaires au bénéfice de la région. Nous sacrifions certains éléments pour sauver l’essentiel des installations. Tout le monde en sort gagnant », a expliqué Gilles Potvin.

Pour sa part, le député péquiste de Roberval, Denis Trottier, se réjouit que la menace qui pesait sur plusieurs municipalités du comté soit maintenant partiellement levée.

« Le fait que les CAAF soient reliés aux usines et aux communautés a été déterminant. Cette orientation gouvernementale a été positive. Il faut poursuivre dans la même voie, sinon quel pouvoir aurons-nous sur ces grandes entreprises? On peut maintenant travailler sur un plan à plus long terme et envisager l’avenir avec plus d’optimisme » affirme-t-il.

Les autres scieries d’AbitibiBowater soit celles de Saint-Prime, La Doré, Girardville, Saint-Thomas-Dydime, Normandin, Dolbeau-Mistassini sont sauvées. La papeterie Bowater de Dolbeau-Mistassini demeurera aussi en opération, notamment grâce à une entente intervenue entre la Ville et l’entreprise sur le taux de taxation.

AbitibiBowater demande maintenant des concessions à ses travailleurs qui œuvrent en usine et en forêt. La compagnie souhaite réduire leur salaire.

Ce plan dévoilé par AbitibiBowater créera une nouvelle synergie au Lac-Saint-Jean. Dorénavant, nous sommes tous dans le même bateau et il faut ramer dans le même sens pour assurer un avenir à l’industrie forestière. La tempête parfaite, tant appréhendée par le milieu, ne soufflera pas aussi fort qu’anticipé sur la région.

Si elle respecte ses engagements, la compagnie aura fait sa part pour le Lac-Saint-Jean. Maintenant, il faut utiliser ce signal positif pour poursuivre notre diversification économique et nous sortir de cette dépendance économique envers l’industrie forestière.

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