Avoir les mots sur le bout de la langue!
Où s'en va la langue de chez nous? Le français semble perdre de son importance dans la province. Le gouvernement au pouvoir, avec le refus de rendre publique l'étude réalisée en 2006, ne nous laisse pas envisager le meilleur. Le Québec est pris dans un engrenage qui lui fait perdre toutes ses lettres de noblesse.
« C'est une langue belle avec des mots superbes, qui porte son histoire à travers ses accents. »
Je suis de ces gens qui croient que notre langue, le français, est une véritable mine d’or. Chacun à notre manière, nous donnons au français ses couleurs, à travers nos expressions et nos accents. Le parler régional a déjà été étudié. Les chercheurs ont révélé que dans les régions éloignées géographiquement et qui pendant de nombreuses années ont été de véritables régions naturelles, la langue a longtemps pu conserver sa saveur ancienne. Nous avons donné aux mots français un sens nouveau, adapté aux réalités locales.
Certaines régions par ailleurs ont pu, mieux que d'autres, pour des raisons d'isolement, conserver l'aspect du dialecte ancien du français québécois.
« Elle a jeté des ponts par-dessus l'Atlantique. Elle a quitté son nid pour un autre terroir. »
Effectivement, le français tire ses racines de l’Europe. Les premiers visiteurs européens sur les terres de la Nouvelle-France parlaient français, mais rapidement le français a perdu sa place. Présentement, quand on pense qu'à Montréal, il y a plus de non francophones que de francophones, j'en viens à me dire que les gens ne semblent plus tenir à la langue officielle du Québec.
Je me réconforte de savoir que c'est ici au Saguenay—Lac-Saint-Jean que nous retrouvons le plus haut taux de gens qui parlent seulement le français. Les données révélées par l’Institut de la Statistique du Québec chiffrent à 84,2 % (230 840 personnes) ce nombre, alors que 15,8 % restants sont des gens parfaitement bilingues. Le nombre de gens qui parlent seulement anglais est très faible, soit sous le seuil du 0,1 %.
« Nous dire que là-bas dans ce pays de neige. Elle a fait face aux vents qui soufflent de partout. Pour imposer ses mots jusque dans les collèges. »
Avant l'implantation de la loi 101, les familles étaient libres d'envoyer les enfants à l'école anglaise. En 2008, les établissements francophones ont une grande place, mais l'anglais a toujours une place. Je m'offusque à l'idée que les établissements scolaires imposent aux étudiants des cours d'anglais pour obtenir leur diplôme, alors que plusieurs ont de la difficulté à accorder le verbe avoir au présent de l'indicatif. Une fois les études terminées, il sera plus pratique pour un jeune adulte d'écrire et de parler correctement son français, car les situations où nous mettons en pratique notre anglais sont rares.
« C'est une langue belle à qui sait la défendre. Elle offre les trésors de richesses infinies. Les mots qui nous manquaient pour pouvoir nous comprendre et la force qu'il faut pour vivre en harmonie. »
Se pourrait-il que notre langue soit la clé de l’harmonie? La loi 101 a reconnu le français comme étant la langue officielle du Québec. À cette époque et comme aujourd'hui, mais à des niveaux différents, la langue était extrêmement menacée. Nous sommes la seule province francophone en Amérique du Nord. Est-ce que vous réalisez tout ce que cela signifie? Malgré les traités signés et les lois imposées par les Anglais, il y a plusieurs siècles, notre langue a toujours gardé sa place, mais les choses peuvent rapidement changer si la loi 101 n'est pas remise à jour.
L'anglicisation chez les allophones a fait des progrès inattendus depuis 10 ans. La toute récente décision d'augmenter à 55 000 par année le nombre de nouveaux arrivants ne fera qu'accélérer le processus. La loi 101 faisait en sorte que toutes personnes issues de l'immigration doivent fréquenter l'école française. Présentement, ce n'est pas le cas. Les gens trouvent des moyens afin d'éviter la loi pour laisser leurs enfants fréquenter les établissements anglophones.
Le français est menacé pour plusieurs raisons et principalement par les gens qui pensent que celle-ci est acquise. Je ne comprends pas ceux qui désirent que le Québec soit reconnu comme une nation, mais qui massacrent la langue avec des anglicismes. Je ne comprends pas ceux qui désirent la séparation du Québec, afin d'en faire un pays distinct, et qui ne prônent pas les richesses de notre langue.
Êtes-vous fiers de votre langue qui vous distingue du reste du Canada? Je ne suis pas seulement fière de ma langue, mais aussi de mon accent jeannois qui est une carte de visite, peu importe où je me trouve au Québec. Soyons fier de cette langue belle avec des mots superbes et peut-être qu'un jour, comme chantait Yves Duteil nous pourrons parler encore la langue de chez nous.