Jamais deux sans trois
Le mois de février a été propice au dévoilement d’une multitude de rapports qui pourraient, si leurs recommandations sont mises en application de façon intégrale, changer radicalement l’image du Québec.
Le plus récent en lice est le rapport Castonguay sur le financement du système de santé. Bien évidemment, le Québec doit faire face à un important problème, celui du vieillissement de sa population, qui se traduira nécessairement par une croissance des dépenses en santé. En 2017, le budget de la santé atteindra 42 milliards $ dans l’ordre actuel des choses. La santé demeure un élément extrêmement important, mais il ne faut pas hypothéquer notre avenir.
Claude Castonguay recommande d’augmenter la TVQ de 0,5 % à 1 % ou de réclamer une franchise selon les revenus et l’utilisation des soins médicaux. Le groupe de travail rejette le recours au ticket modérateur. De plus, le rapport suggère un recours accru au secteur privé dans le but d’en faire un allié du secteur public.
Les gens sont souvent réfractaires au changement. Le Québec se veut une société égalitaire. Cependant, il est évident que si le secteur privé prend plus de place, les personnes les mieux nanties auront un meilleur accès aux soins de santé.
De plus, si le gouvernement décide d’aller de l’avant avec cette mesure, il faudra absolument atteindre quelques années pour que la pénurie de médecins et d’infirmières soit dernière nous. Dans le contexte actuel, le recours accru au privé pourrait avoir plus d’effets pervers que bénéfiques.
Et que pensez-vous de l’augmentation du fardeau fiscal qui est suggérée? Vous êtes sûrement comme moi, pas très chaud à l’idée!
Rapport Pronovost
La semaine dernière, la Commission sur l’agriculture et l’agroalimentaire québécois a déposé son rapport intitulé « Bâtir l’avenir ». La commission dirigée par Jean Pronovost livre un diagnostic révélateur : le secteur de l’agriculture se referme sur lui-même. Au fil des années, l’agriculture a bénéficié de plusieurs programmes d’aide. Cependant, ces programmes créent des obstacles à l’émergence de nouveaux types d’agriculture, au développement de produits originaux et à l’exploration de nouvelles possibilités. En résumé, la commission souligne qu’on a voulu protéger l’agriculture, mais ce protectionnisme limite sa capacité d’exploiter tout son potentiel.
Le Saguenay—Lac-Saint-Jean, et particulièrement la MRC du Domaine-du-Roy, peut tirer son épingle du jeu. Dans le cadre de la Vision stratégique du territoire, les acteurs de l’agriculture et de l’agroalimentaire ont déjà entrepris une réflexion sur cette industrie.
La formation de la relève est un élément indéniable pour assurer l’avenir de ce secteur. Le transfert des installations doit aussi être facilité, car actuellement, il y a plusieurs obstacles pour les agriculteurs.
Rapport Gagné
Le Groupe de travail sur les aides fiscales aux régions ressources dirigé par Robert Gagné n’a certes pas répondu aux attentes du Saguenay—Lac-Saint-Jean. Le document suggère que nos crédits d’impôt passent de 40 % à 20 % étant donné notre statut de région semi-éloignée. On recommande également l’abolition des crédits d’impôts relativement à la Vallée de l’aluminium.
Vous connaissez ma position sur la question et je tiens à la réitérer : le Saguenay—Lac-Saint-Jean a absolument besoin des aides fiscales pour l’aider à soutenir son économie. Les acteurs du milieu ne ménagent pas les efforts pour atteindre cet objectif de diversification. La MRC du Domaine-du-Roy montre l’exemple avec sa Vision stratégique qui vise justement à devenir le territoire le plus dynamique au Québec. Une fois que la diversification se sera concrétisée, le gouvernement du Québec pourra envisager de réduire ou d’éliminer les avantages fiscaux.
En résumé, les conclusions de ce rapport ne satisfont personne. Les régions ressources veulent conserver intégralement les aides fiscales. Pour leur part, les régions centrales, qui réclament l’abolition pure et simple de ces crédits, ne sont pas plus heureuses. Ce rapport risque de finir sur les tablettes. De nouveaux rebondissements sont certes à prévoir dans cette saga.
À cela, je pourrais rajouter le dévoilement du livre vert du ministre des Ressources naturelles, un autre document qui risque de susciter les discussions. J’aurai l’occasion d’y revenir au cours des prochaines semaines…