La goutte d'eau qui fait déborder le vase!
Nombreux événements se sont produits cette semaine dans la MRC. Je pensais en début de semaine faire un commentaire sur la température, mais voilà qu'à la dernière minute, plusieurs sujets sont sortis de la boîte à surprises.
Comme le mentionnait mon collègue Daniel en juin dernier, la MRC du Domaine-du-Roy caresse d’importants projets de développement pour le Village historique de Val-Jalbert. La construction d’une mini-centrale arrive en tête de lice. Pour faciliter l’obtention des autorisations nécessaires, la MRC avait entrepris toutes les démarches afin de devenir le seul propriétaire du site.
Voilà qu'on apprenait en milieu de semaine que le dossier est maintenant clos, car la MRC est maintenant unique acquéreur du site historique de Val-Jalbert.
Le projet d'aménagement hydroélectrique de Val-Jalbert fait parler depuis de nombreuses années. En fouillant un peu sur Internet, j'ai déniché le rapport du Bureau d’enquête et d'audience publique sur l'environnement publié en 1994. Vous allez dire que le document n'est pas très récent. J'approuve, mais les constatations rédigées en amorce par Jacques Pelletier, président de la commission à l'époque, sont intéressantes et portent à réfléchir.
« Le projet ne représente pas les priorités locales à l'égard du développement régional et représente l'utilisation d'un site patrimonial à des fins jugées non légitimes par la population. »
Est-ce que le cachet historique de Val-Jalbert sera gâché à la suite de la construction d'un barrage? Au niveau de l'esthétisme, un barrage ne rehaussera pas la valeur du paysage. Par contre, au point de vue monétaire, c'est intéressant pour le village de Val-Jalbert de mettre en place ce projet de grande envergure suite aux répercussions négatives qu'ont connu les dernières saisons touristiques.
Le directeur du Village historique de Val-Jalbert, André Turgeon, croit que la seule solution envisageable pour la viabilité du village serait une centrale hydroélectrique. Ce projet nécessiterait des dépenses de 18 M$. Avec ces nouveaux revenus, le Village pourrait mettre de l'avant son plan de développement évalué à 17 M$. Il est d'avis que ces investissements de 35M $ seraient profitables pour l'ensemble du milieu.
André Turgeon dit que la production d'énergie de la centrale serait un bon moyen d’avoir du financement. Selon lui, l'aspect de la chute resterait le même puisque la production se concentrerait lors des périodes mortes et pendant l'hiver. De plus, elle pourrait servir d'attrait touristique durant sa construction.
La chute de Val-Jalbert est représentative pour plusieurs personnes. Même en hiver ou en automne, plusieurs personnes vont sillonner les sentiers du village. Pourquoi le site n'a pas conservé ses tarifs hivernaux et ses laissez-passer annuels? La chute est aussi belle en hiver qu'en été! Même si les touristes ne sont pas présents en grand nombre lors de cette période de l'année, il est dommage de priver les gens d'ici de la beauté de la chute par la mise en place d'un muret de béton à son sommet.
J'ai le mauvais sentiment depuis quelque temps, que nos ressources naturelles ne nous appartiennent plus. Il y a déjà les grosses entreprises qui ont le contrôle sur nos forêts. Voilà que maintenant nous voulons leur donner accès à nos ressources d'eau. Je suis loin d'être enchantée par cette idée.
L'argent est toujours l'élément qui semble être la réponse à nos problèmes. Je trouve cela aberrant. Nous sommes prêts à participer à la destruction d'un écosystème afin d'obtenir plus de sous. Bien sûr, des sous qui nous permettront de réaliser des investissements et faire marcher notre économie locale. Nous sommes vraiment pris dans un cercle vicieux.
Parlant d'écosystème, le rapport du BAPE mentionnait que « les impacts anticipés reposent sur une image incomplète et fragmentée des écosystèmes de la zone d'étude. Laissant planer une incertitude scientifique sur la valeur du débit minimal réservé à des fins écologiques. »
Si en 1994, le comité de recherche a fait cette hypothèse, je suppose que les différents végétaux et animaux qui vivent dans le secteur de la chute de Val-Jalbert ne se sont pas effacés en 14 ans.
La commission avait conclu que le projet était inacceptable dans sa formule actuelle (celle de 1994) parce qu'il représentait un risque social économique et biophysique mal évalué.
Le projet a-t-il changé depuis les premiers balbutiements? Comme dans toutes les situations, il y a un revers à la médaille. Si le projet se concrétise un jour, les retombées économiques abonderont, mais le milieu naturel en souffrira. À l'inverse, si la chute de Val-Jalbert conserve toute son authenticité alors le l'économie en souffrira, mais nous pourrons encore profiter des richesses naturelles.
elodie12
Commentaire mis en ligne le 8 septembre 2008articles très interessant sur l'annuaire de tout
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