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L'Étoile du Lac
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Un gros merci à Zusammen

Article mis en ligne le 18 avril 2008 à 9:33
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Un gros merci à Zusammen
La troupe Zuzammen.(Photo : courtoisie Louis Jacob)
Un gros merci à Zusammen
Au mois de janvier dernier, j’ai reçu un appel d’une amie qui disait avoir pensé à moi précisément pour tenir un petit rôle dans une vague pièce de théâtre jouée quelques fois vers le milieu du mois d’avril. Quelques jours de réflexion et j’ai plongé. Mon pan de chemise venait de commencer à s’enrouler dans Zusammen.
Mon amie m’a d’abord parlé un peu du synopsis de la pièce, du concept idéal et surtout m’a donné une photo tirée d’une comédie musicale américaine représentant le bonhomme à qui je prêterais vie : un « joker » grassouillet et inoffensif sur le début de son déclin âgé d’une cinquantaine d’années; j’ai flairé là un rôle de composition.

Si j’ai dit plus haut que j’avais plongé, alors à la première rencontre avec le metteur en scène, les comédiens, après avoir vu la machine, j’ai coulé à pic. Je me souviens être revenu chez-moi ce même soir et avoir caché à mon épouse la vive inquiétude qui lézardait déjà le mortier du mur de brique de mon adulte averti.

Que voulez-vous, être soudainement « ré immergé » à 54 ans dans le monde scolaire, dans une polyvalente, à travers des professeurs, mais surtout au milieu d’ados à qui la gêne, la politesse, ou le « pas rap », appelez ça comme vous voulez, vous font sentir aussi à propos qu’un oignon au milieu d’un plat de jello, c’en était trop; j’ai commencé à couler vers le fond.

Alors, j’ai essayé de nager, mais j’ai vite appris que l’on ne surnage pas à travers des jeunes : on les frappe trop avec nos gestes désordonnés. C’est quand je me suis enfin résolu à me noyer que le miracle a commencé à opérer; ils sont venus un à un, tôt ou tard, seuls et en groupes, m’aider à remonter et à me maintenir à flot.

Alors, dans cette mer « style » « genre », j’ai appris. J’ai appris au moins un des multiples et nombreux principes qui régissent la profession du monde enseignant: vous n’avez pas affaire à un groupe de 800 jeunes, vous avez affaire à 800 groupes d’un; et qu’ils sont tous beaux à leur façon; on ne les effeuille pas, on les aide seulement à s’ouvrir.

Si vous vous le demandez, le but de la présente est donc de remettre en propos, de lever un holà devant les gens que vous rencontrez et qui lancent comme ça que l’école, « c’est pus ce que c’était ».

Paradoxalement, jamais ils n’ont eu aussi raison, mais dans le mauvais sens… Nous étions en silence, en gris et en écoute. Ils sont un monde en cris d’affirmation, en couleurs superposées et en assimilation décloisonnée.

Ce que j’ai vu à la Polyvalente des Quatre Vents, ce sont des professeurs à la fibre teintée à jamais de la couleur de ceux qui l’ont, qui ont et qui possèdent cet art, car c’est un art d’enseigner. Je me le suis fait confirmer à chaque fois qu’en catimini j’étais témoin d’échanges étudiant-professeur.

Ce que j’ai vu aussi, c’est un milieu de vie desservi par des services, qui eux aussi, nagent dans les mêmes eaux. Ce que j’ai vu aussi, c’est Zusammen, une tradition, des anciens élèves, des profs, des gens formidables en dehors du monde scolaire qui se donnent à leur art et qui aiment… voilà tout.

Ne m’accusez pas d’être encore sous l’euphorie des planches, il va me rester trop de leur incursion dans ma vie pour que jamais je ne l’oublie.

Pour tous ceux qui à partir d’aujourd’hui passeront devant la polyvalente, une polyvalente, une école, si vous voyez trois grands « slaques » qui traversent la rue sans respecter la consigne et une frêle petite « bolée », les livres collés sous ses bras croisés, vous venez de voir quatre groupes d’une personne.

Comprenons-le, parents, grands-parents, ne lâchons jamais le combat de la politesse, du savoir-vivre et de l’éducation : moi je peux vous dire qu’il paie. Je n’ai vu que l’élite? Non. Un échantillon comme j’ai côtoyé de plus de cent étudiants est trop représentatif pour s’y tromper.

Quelle peine de ne pouvoir tous vous nommer. À mes nouveaux amis professeurs, à mes nouveaux amis techniciens, à mes nouveaux amis comédiens, élèves de la poly, et du primaire, aux deux « Annie lumière », à Jean-Pierre et d’abord et avant tout à Suzanne, merci du fond du cœur. Voici pour vous tous une gommette et une étoile… que dis-je, un paquet de gommettes et… un firmament d’étoiles.

Lawrence Martel, Saint-Félicien

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