Hubert Reeves a dressé un bilan de la situation planétaire au Château Roberval. (Photo : courtoisie France Paris)
Vers une lente destruction de la terre
Hubert Reeves dresse un portrait de la situation planétaire
C'est une triste constatation qu'a dressée Hubert Reeves lors de son passage à Roberval, le 18 avril dernier. L’astrophysicien, qui pendant de nombreuses années a fait rêver les gens avec ses connaissances en astronomie, concentre principalement ses énergies sur l’état de notre monde.
« La création du monde m’a toujours intéressé, mais la situation actuelle m’oblige à me tourner vers ce que le monde deviendra. C’est inquiétant, voilà la raison qui me pousse à aller de l’avant et à faire mon pronostic sur l’avenir de notre monde », mentionne Hubert Reeves.
Depuis la création du monde, cinq grandes extinctions des espèces sont survenues. Selon M. Reeves, l’Homme est présentement en chute libre, car la sixième extinction a déjà débuté : « Si l’être humain ne réagit pas, ce sera une véritable catastrophe pour l’humanité, car l’Homme n’a pas fait que des bêtises dans sa longue vie », souligne M. Reeves.
Effectivement, Hubert Reeves sait que la disparition de l’humain entraînera la disparition de plusieurs éléments qui caractérisent l’espèce : « Les arts et la culture, les sciences et les développements technologiques, et finalement, la compassion, qui est un sentiment que l’Homme est le seul être vivant à avoir développé, seront effacés à tout jamais », ajoute M. Reeves.
« Rien n’est infini »
Les hommes l’ont découvert il y a 2000 ans, mais les gens en sont conscients depuis moins de 50 ans : « Rien n’est infini. La vie sur terre n’est pas infinie », affirme avec certitude Hubert Reeves.
Depuis quelques années, les événements se bousculent. Les influences de l’Homme sont à l’ensemble de notre planète une véritable menace. Les chiffres le démontrent. La moitié du pétrole a été brûlée. Plus de la moitié de la forêt mondiale a été détruite. L’être humain élimine environ 100 espèces vivantes toutes les années. Juste dans ce siècle, près de 30 à 50 % des espèces vivantes auront disparu de la surface de la Terre.
Malgré l’impact de la constatation d’Hubert Reeves, une lueur d’espoir plane sur l’avenir de notre planète : « L’avenir est imprévisible. Nous devrons être déterminé et poser les bons gestes. Je ne peux rien changer, mais si nous nous y mettons tous, peut-être que cela donnera quelque chose ou peut-être que nous ne serons pas en mesure de rétablir le processus que nous avons déjà engendré », conclut Hubert Reeves.