La division du vote de la gauche
Marcel St-Gelais, Exécutif du PQ dans Roberval
La semaine dernière, un sondage annonçait ce qui a été perçu comme une remontée du Parti libéral du Québec, le surplace du Parti québécois, et la dégringolade de l’Action démocratique du Québec. On dirait que dans les analyses qui ont été faites de ces chiffres, personne n’a remarqué que ce qui fait le plus mal au Parti québécois, ce n’est pas la popularité de Jean Charest, mais bien la division du vote de gauche.
Il est vrai que le Parti québécois n’est peut-être pas autant à gauche que certains le souhaiteraient. Il représente cependant l’alternative la plus réaliste qui soit pour faire avancer la social-démocratie. Actuellement, la prolifération des petits partis nuit à la mobilisation pour un projet de société. On dirait que chacun veut avoir un parti à son image sans prendre en compte les besoins des autres. À l’image de nos sociétés de plus en plus individualiste, chacun souhaite avoir un parti qui répond à ses besoins, sans prendre en compte ceux des autres. L’exemple du nouveau Parti des régions centrales est très éloquent à cet égard.
On dirait que les gens oublient que la société est multiple et qu’un système doit répondre à divers besoins. Ce qu’il faut décider, c’est si on souhaite que ce modèle de société plus à gauche ou plus à droite et allier nos forces pour y arriver. « L’union fait la force » n’est-ce pas? Tout le monde le dit, mais qui le fait réellement?
Le surplace du PQ s’explique principalement par la division du vote de gauche. Ainsi, plusieurs reprochent au PQ de ne pas être suffisamment à gauche. Peut-être. Mais est-ce que la création de nouveaux partis représente la meilleure voie pour arriver à faire avancer ces idées? J’en doute.
Le Parti québécois est un parti qui laisse beaucoup de place à ses militants. S’impliquer dans le parti, c’est contribuer à le façonner à notre image. Il faut sûrement y consacrer des efforts, mais cela est bénéfique pour l’ensemble du débat. On n’apprend pas beaucoup à discuter avec quelqu’un qui pense exactement comme nous sur tout. C’est la confrontation des opinions qui nous permet de faire avancer nos idées et d’avoir les arguments pour les soutenir. Dans un groupe, il y a une intelligence collective que l’on ne saurait atteindre chacun dans notre coin.
Ne nions pas qu’il y ait une montée des idées de droite au Québec. On l’a vu aux dernières élections provinciales et on le voit également au niveau fédéral. Cela est inquiétant et il faut à tout prix que la gauche s’unisse pour représenter une alternative sérieuse. Mais il faut aussi que nous tirions le meilleur de certaines idées de gauche comme de droite pour en faire un réel projet de société. Tout n’est pas noir ou blanc.
Il y a quelques semaines, on apprenait la formation du Parti des régions durables. (Un de plus ?!?) Si je salue les initiatives jeunesses d’implication politique, je déplore l’attitude de non-collaboration que cela représente. On n’a jamais vu ce jeune militer dans nos troupes ou essayer de nous approcher pour comprendre comment il aurait pu changer les choses dans des structures existantes.
Le plus ridicule dans cette histoire est certainement que le candidat du Parti des régions durables souhaite se lancer dans le comté Roberval. Si ce jeune avait pris le temps de bien connaître son député actuel, il aurait vu que Denis Trottier est certainement l’un des plus grands défenseurs des idées régionalistes et environnementales que le Québec n’ait jamais compté parmi ses députés. Le PQ a peut-être mauvaise presse, mais il compte parmi ses rangs des députés de grand calibre que l’on gagne à mieux connaître.
Je termine en disant que dans le cadre de notre système basé sur la représentation, la multiplication des partis risque de prolonger les situations de gouvernements minoritaires que nous vivons actuellement.
Marcel St-Gelais, Exécutif du PQ dans Roberval