Québécois et Québécoises vous souvenez vous?
Les deux dernières fêtes nationales, je les ai passées sur les Plaines d'Abraham. J'ai toujours été déçue de l'ambiance qui y régnait, même que j'étais gênée d'être québécoise. J’ai toujours pensé que la Fête nationale était l’endroit pour chanter nos grands succès et nous donner des frissons, faire vibrer notre fibre patriotique, quoi!
À un kilomètre de la scène, sur le haut d'une colline, nous désenchantons rapidement. Une mer de monde où ceux qui sont les plus patriotiques sont bien loin de se souvenir de l'histoire du Québec. L'organisation devrait profiter de l'occasion afin de mettre l'emphase sur notre histoire, plutôt que de faire jouer les groupes de l'heure.
Je suis même certaine que plusieurs personnes qui seront sur les plaines ne sont pas en mesure de nommer les porte-paroles de l'évènement 2008.
Les festivités sont rendues vides de sens. La Saint-Jean Baptiste a trouvé de nouvelles rimes, qui ne riment plus avec patriotique et historique. Lors de cette journée, les commerçants font des chiffres de ventes d'alcool énormes, ce qui donne l'impression que les Québécois fêtent pour oublier, alors que nous devons surtout nous souvenir de tout le travail qui a été fait depuis nombreuses années afin d'être reconnus comme nation distincte.
Plusieurs luttes ont dû se jouer afin de garder nos droits pour lesquels nous nous sommes battues. En 400 ans d'histoire, plusieurs moments historiques nous permettent de voir que des gens ont voulu ardemment conserver l'authenticité et les caractéristiques de leurs ancêtres qui avaient fait le choix de s'installer au Québec autrefois ou aujourd'hui.
Je me souviens
La Fête nationale des Québécois et Québécoise, c'est bien plus qu'une histoire de souverainiste. C'est encore plus qu'une journée lors de laquelle nous brûlons tous le vieux bois qui nous tombe sous la main ou qu'une beuverie entre copains.
Est-ce que nous nous souvenons de l'histoire de notre province? En cette période de célébration, pensez-vous à vos ancêtres qui ont bêchés le sol afin de faire de notre province une terre fertile et riche de ses nombreuses traditions?
Les traditions sont nombreuses principalement lors de la Saint-Jean-Baptiste. La majorité d'entre elles ont perdu tout leur sens et cela est bien dommage. Même ici, en bordure du lac Saint-Jean, nous avons des traditions. Je suis certaine que les gens dans la mi-vingtaine et les suivants ont déjà entendu parler des bains du 24 juin, de la traditionnelle volée de cloches, des grandes tablées et des feux de joie.
Toute mon enfance, je me souviens que nous ne pouvions pas nous baigner dans les eaux du lac avant le 24 juin. Encore aujourd'hui, je me surprends à respecter cette coutume qui a vu le jour au début du XIXe siècle. À partir de la Saint-Jean, les gens considéraient que l'été était arrivé et qu'il faisait suffisamment chaud pour se baigner.
Pour ce qui est des volées de cloches, cette tradition demeure un point de repère et assure encore, dans de nombreux endroits, un rôle efficace d'instrument d'appel. Jusqu'à la fin du XIXe siècle, on utilisait la sonnerie des cloches pour régler le travail des laboureurs employés à la journée ou pour appeler les habitants à une activité. Dans certaines coutumes, la cloche est aussi un présage de bonheur.
Plusieurs localités organisent le 24 juin des soupers populaires pour toute la population. On ne peut pas le cacher, les gens du Québec ont toujours aimé se retrouver autour d'une table pour partager de la nourriture, pour faire des blagues et jaser. Les repas communautaires, qui se multiplient dans les villes et les villages du Québec, représentent une nouvelle façon d'exprimer notre convivialité.
Ce qui est certain, c'est que nous avons oublié des parcelles de notre histoire, mais que le sens des choses ne se perd pas. Nous avons un respect des traditions, et cela doit être encore plus vrai dans le Québécois multiculturel que nous sommes.
Alors cette semaine, en guise de conclusion, je vous souhaite un joyeux anniversaire. Joyeux anniversaire à vous Québécois, que vous soyez nés ou pas sur cette terre peuplée depuis plus de 400 ans, que vous soyez blanc, jaune ou noir avec un accent ou sans accent. Tant qu'au Québec, vous vous sentirez chez vous et qu'une partie de votre histoire est enracinée sur ses terres, alors vous êtes Québécois.