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L'Étoile du Lac
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« Combien allez-vous? »

Article mis en ligne le 18 juillet 2008 à 9:18
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« Combien allez-vous? »
Elle est loin l’époque où mon père sortait de sa poche son gros sous noir au magasin général et obtenait une poignée de bonbons de toutes les couleurs. Aujourd’hui, les gens les trouvent encombrants ces sous noirs.
Lequel d’entre nous n’a pas déjà été exaspéré en attendant à une caisse qu’un énergumène termine de fouiller dans son sac de sous pour rendre la monnaie exacte? Il n’y a pas si longtemps les adultes prêchaient de prudence en conseillant à leur progéniture d’accumuler les sous parce que, disaient-ils, « c’est avec des sous que l’on fait des piastres. »

De nos jours, nous faisons dans l’épargne en épargnant aucun effort dans nos comportements d’achat. D’ailleurs, certaines piastres ont pris la forme des sous d’autrefois. Nous les dispersons au gré de nos achats pour ne recueillir en échange que des sous de moindre valeur.

Alors, au lieu d’utiliser la forme usuelle, j’ai le goût de vous demander tout bonnement « Combien allez-vous? ». Depuis l’arrivée des beaux jours, il m’arrive bien involontairement de m’installer sur le trottoir pour assister à la parade des beaux objets. J’entends l’hymne joué en cadence par la fanfare Mastercard et je vois le tourbillon aérien du bâton de la majorette Visa. Il paraît même que dans les lieux publics la façon d’aborder quelqu’un n’est plus « c’est quoi ton signe? ». Elle a été remplacée par : « Es-tu au débit ou crédit? ».

Le rythme effréné de notre consommation peut affaiblir nos défenses et nous ne sommes pas à l’abri des virus de notre économie. Je rencontre des personnes qui sont atteintes de la « fièvre acheteuse ». J’écoute l’actualité et je me rends compte que les gens de la forêt ne sont pas sortis du bois. Je reçois les doléances de gens branchés qui tombent pile en transportant en courant leur facture d’électricité. J’en connais d’autres, des gazés ceux-là, qui ont eu un coup de pompe en étant frappé par la « bactérie mangeuse de char à streptocoque sans plomb ». Le prix de l’essence leur coûte un bras et une jambe. Ayoye, mon « wanabago » me fait mal!

Alors, dites-moi, combien allez-vous?

Germain Morin, agent d’information, Centre populaire de Roberval

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