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L'Étoile du Lac
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Deux événements, une même conclusion

Daniel Migneault par Daniel Migneault
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Article mis en ligne le 4 novembre 2006 à 21:00
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Deux événements, une même conclusion
Deux événements d'envergure se sont tenus au cours de la dernière semaine, soit le Forum socioéconomique des Premières Nations et le Colloque sur les perspectives de développement de la deuxième et troisième transformation du bois. Deux événements, une même conclusion : des changements s'imposent.
Le Forum socioéconomique des Premières Nations a donné lieu à des témoignages poignants. La communauté de Kitcisakik est située au Nord de Val-d'Or. Son chef Edmond Brazeau a fait état des problèmes vécus par sa population. En effet, cette communauté n'est pas desservie par l'eau courante. Les maisons sont dans un état lamentable. Les conditions sont comparables à celles vécues par les pays du tiers-monde.

Ce témoignage en a surpris plus d'un. Il est impensable qu'en 2006 que des gens demeurant au Québec doivent vivre dans de telles conditions. Les communautés autochtones ont besoin d'espoir face à l'avenir. Comment les jeunes de Kitcisakik peuvent-ils espérer un futur meilleur? C'est un défi de taille à surmonter. Le Forum aura au moins permis d'attirer l'attention des gens sur cette problématique et de prioriser une intervention dans cette communauté.

Même si certaines communautés s'en sortent mieux que d'autres, elles vivent toutes des problèmes. Elles aspirent toute à plus pour l'avenir. Comme l'indique le chef du Conseil des Montagnais du Lac-Saint-Jean, Gilbert Dominique, les Premières Nations devront monter les marches une par une. Il estime que pour réduire les écarts sociaux entre les citoyens du Québec et les Premières Nations, les questions territoriales et l'éducation sont les principaux enjeux.

L'éducation est en effet la première priorité. Des jeunes mieux éduqués peuvent avoir plus de vision de l'avenir. Concernant les questions territoriales, il faut reconnaître que les Premières Nations y ont accès puisqu'il s'agit de leur territoire ancestral. La Cour suprême l'a reconnu. Cette question demeure toujours épineuse. Les populations allochtones ne veulent pas perdre leurs acquis et les autochtones en demandent plus. Il y a un juste milieu à trouver.

Sera-t-il possible de trouver ce juste milieu? Si on prend l'exemple de l'Approche commune, qui est en fait la négociation territoriale avec les Innus, les discussions progressent à pas de tortue. Comme plusieurs, j'ai certaines appréhensions. Cependant, je crois que nos deux peuples ont beaucoup à gagner en cohabitant. Comment cela se traduira-t-il? Histoire à suivre.
Exploitation forestière en mutation
Le Canada et les États-Unis en sont finalement venus à une entente pour dénouer le litige sur le bois d'œuvre. Lors du Colloque sur les perspectives de deuxième et troisième transformation du bois, l'ingénieur forestier du Conseil de l'industrie forestière du Québec, Michel Vincent, est venu expliquer la nature de l'entente sur le bois d'œuvre qui est très technique. Concrètement, il y aura un système de quotas en fonction de la demande sur le marché américain.

Même si le litige est réglé, les compagnies ne doivent pas s'attendre à retrouver la voie de la rentabilité. En effet, la demande pour le bois est très basse actuellement aux États-Unis. Le retour à des jours meilleurs est prévu pour 2008.

Les entreprises forestières doivent maintenant se tourner vers la consolidation. Cette consolidation se traduira, selon Michel Vincent, par la disparition de plusieurs scieries moins performantes. L'époque où il y avait une scierie dans chaque village est révolue.

Les usines devront grossir, traiter une plus grande quantité de bois et être plus performante. Plus on retarde les décisions, plus les installations les plus performantes en souffriront. Il devra y avoir un changement de mentalités chez nos politiciens. Il faudra penser dans l'intérêt d'un plus vaste territoire plutôt que de prôner le «chacun pour soi». C'est un incontournable. Comme le dit judicieusement Michel Vincent, il faudra que ce virage s'entreprenne sans quoi, les facettes les plus sombres du capitalisme se manifesteront par des fermetures sauvages d'entreprises.

Ce virage a été entrepris il y a une dizaine d'années en Colombie-Britannique et l'industrie est prospère. Le Québec est rendu à cette étape. L'exploitation forestière ne disparaîtra pas. Elle se transformera tout simplement.

Portrait noir me direz-vous? Voici l'aspect positif : avec la crise du bois d'œuvre, le Québec s'est tourné vers la deuxième et troisième transformation. Les exportations de produits primaires et celles de produits transformés sont presque équivalentes présentement. Signe que plusieurs entreprises ont déjà pris le virage de la transformation. Le Québec est largement en avance par rapport à son concurrent intérieur, la Colombie-Britannique. Et ce n'est qu'un début!

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