Un mariage de raison
Une kyrielle de dignitaires était réunie dans une salle du Château Roberval mardi dernier pour signer la charte d'engagement qui officialise la mise sur pied de la Vision stratégique du développement territorial de la MRC Domaine-du-Roy. C'est sous les applaudissements que les maires et représentants socioéconomiques provenant de 24 organisations se sont succédé pour apposer leur signature sur le document. De beaux discours certes, mais les résultats suivront-ils?
Concrètement, cette vision stratégique a pour objectif d'amener une plus grande concertation entre les partenaires et principalement les municipalités. Il a été convenu de former des tables de travail sur cinq grands chantiers que sont la forêt, l'agroalimentaire, le tourisme, population et qualité de vie, la gouvernance. Les membres qui siégeront sur ces tables amèneront des solutions qui profiteront à l'ensemble de la collectivité. Ce pacte aura pour effet de faire tomber certaines barrières entre les municipalités et d'envisager plus de partenariats.
En théorie, la vision stratégique est une idée de génie. Enfin, toutes les municipalités cesseront de se déchirer entre elles. Pour une fois, tous les intervenants politiques et socioéconomiques pourront siéger à la même table et convenir ensemble du meilleur endroit où un projet doit s'établir sur le territoire. On oublie uniquement nos intérêts personnels en tant que municipalité et on pense à l'intérêt de toute la MRC. Nous n'avons plus le choix de penser ainsi.
En pratique, est-ce que tout sera aussi rose? Le temps nous le dira. Ces tables devront produire des résultats et rapidement. Car le problème, c'est qu'on manque de ce précieux temps. La crise forestière frappe de plein fouet. Il faut être réaliste : nous ne pourrons pas sauver toutes les usines. Certaines installations devront être favorisées et d'autres fermées. Le choc sera plus difficile à encaisser pour une municipalité qui devra accepter que le Contrat d'approvisionnement et d'aménagement forestier, le CAAF, qui était rattaché à son usine soit maintenant envoyé dans la scierie d'une autre municipalité pour que l'industrie forestière survive.
De telles situations se présenteront probablement au cours de la prochaine année. C'est à ce moment qu'il sera possible de tester si ce mariage de raison est solide ou s'il se terminera par un divorce.
L'une des cinq tables qui sera mise sur pied se penchera sur la gouvernance. Comme l'indiquait le maire de Chambord, Bruno Laroche, les municipalités doivent faire face à plusieurs nouvelles dépenses. Pendant ce temps, les sources de revenus stagnent. Des échanges de services semblent inévitables selon Bruno Laroche. J'irai même plus loin : ne devrait-on pas envisager une fusion? Cette table sera chargée de faire ses recommandations et les élus trancheront par la suite.
Consultation de la CSN
La semaine dernière, la tournée provinciale de la CSN, qui a pour thème Agir pour le Québec de demain, s'arrêtait à Roberval. Le sujet central de cette consultation était la forêt. Pour l'occasion, la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, la présidente du Conseil central CSN Saguenay-Lac-Saint-Jean, Jeannine Girard, et le président de la Fédération des travailleurs des pâtes et papiers, Sylvain Parent, s'étaient déplacés pour prendre le pouls de la population et des travailleurs.
Une quarantaine de personnes s'étaient rassemblées pour entendre le discours des syndicalistes et faire part de leur opinion. Personnellement, je pensais que la salle serait bondée, surtout avec un sujet comme la forêt. De nombreux travailleurs sont touchés par la crise. Toute la population en subira les conséquences. Où étaient tous ces gens? Est-ce uniquement un problème de promotion ou est-ce que les gens ont déjà accepté leur sort et pense qu'il n'y a rien à faire pour changer quoi que ce soit?
J'espère que ce n'est pas le cas. Nos élus et intervenants socioéconomiques se débattent comme des diables dans l'eau bénite pour faire bouger les choses. Ils travaillent pour qu'il y ait des résultats. Ce sera un travail de longue haleine, mais il faut commencer à quelque part. Ils auront besoin de l'appui de la population. Le Saguenay-Lac-Saint-Jean est reconnu comme une région combative. Cette crise que nous traversons est une belle occasion de le prouver encore une fois.