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L'Étoile du Lac
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Réflexions d'un paroissien

Article mis en ligne le 16 décembre 2006 à 13:57
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Réflexions d'un paroissien
Dans la réunion des paroissiens de la paroisse Notre-Dame-du-Lac, la semaine dernière, on sentait toutes les précautions prudentes et concertées. Des paroles enveloppées de prémonitions...
Sous prétexte de donner davantage de services pastoraux aux fidèles, on a essayé de nous convaincre qu'il serait préférable que les services pastoraux soient situés à proximité d'une église. Cela, paraît-il, faciliterait la communication entre les différents intervenants de la pastorale. Faut-il croire que ces personnes se rencontrent tout juste avant, pendant et tout de suite après les différents offices religieux, pour permettre d'offrir de meilleurs services ? Ces locaux devraient-ils être nécessairement situés à la salle des Œuvres, tout près de l'église Saint-Jean-de-Brébeuf, édifice qu'on veut de force nous entrer dans la gorge et ce, malgré un vote démocratique patent des paroissiens qui ont choisi l'église Notre-Dame par une majorité significative ?

Si on suit ce raisonnement qu'on nous a servi hier, seuls 600 paroissiens pourraient assister aux offices puisque l'église Saint-Jean-de-Brébeuf ne peut en contenir plus. On sait très bien que l'église Notre-Dame peut en recevoir 1 200. Trouvez la logique. Tout ça sous prétexte que la fréquentation de l'église diminue. Vous avez justement le moyen de faire diminuer la fréquentation des gens aux offices religieux en ne leur offrant pas une église qui, justement, répondrait aux besoins des fidèles pratiquants de Roberval.

La pratique religieuse diminue, c'est un fait. Le Christ a dit : «Ne craignez rien, je serai avec vous jusqu'à la consommation des siècles et les portes de l'Enfer ne prévaudront pas contre mon Église.» Je trouve malheureux que, pour une différence de 3 000$ dans les frais fixes pour l'entretien de l'église Notre-Dame, on choisisse un édifice inadéquat par sa capacité à recevoir les fidèles et par sa vétusté.

Tout dans cette décision de garder l'église Saint-Jean-de-Brébeuf comme lieu de culte a quelque chose d'incongru. Évitez de vous stationner près de l'église en raison d'avalanches de neige et de glace qui pourraient blesser des personnes et endommager vos véhicules. Veuillez laisser les emplacements bordant la rue lors de services funéraires pour laisser la place aux corbillards et autres véhicules officiels. On pourrait citer de ces recommandations à ne plus en finir. La dangerosité des lieux pour les gens âgés et les moins âgés, surtout l'hiver, est présente. Dans les fameux frais fixes, il faudrait songer à ce que coûterait une prime d'assurance s'il advenait qu'une personne se fracture un membre. Puis, si l'église, qui n'est pas à l'épreuve du feu, se consumait, devrait-on racheter l'église Notre-Dame ?

Après la fin de la réunion, on nous a dit que tout cet exercice n'était pas décisionnel mais simplement consultatif puisqu'en définitif, c'était l'évêque qui prendrait la décision définitive. Pourquoi donc avoir fait cette réunion qui a rassemblé autant de personnes et que notre sort est dans les mains omnipuissantes de l'évêque ? Vivons-nous dans une théocratie où il nous faut subir une autorité ayatollesque ? Une des raisons qui a fait fuir beaucoup de fidèles de nos églises est justement cette manifestation de pouvoir absolu des autorités religieuses dans des domaines où la véracité des dogmes n'était nullement mise en doute.

À ce que je sache, l'emplacement voulu d'un lieu de culte par la majorité de paroissiens ne va aucunement à l'encontre des enseignements de l'Église. Vous êtes-vous posé la question suivante : «Pourquoi il n'y a plus de chorale à l'église Notre-Dame ?» Plusieurs pourraient vous répondre que la cause est due à l'incompréhension de certains responsables de la pastorale. On peut ne pas aimer une église, mais il ne faut pas pour autant priver les paroissiens d'un lieu de culte qui leur soit convenable. Les économies réalisées par la fermeture d'un lieu de culte rendra possible la sécurité financière de l'église Notre-Dame. Encore faut-il faire un choix judicieux et cesser de nous donner l'impression que la décision est irrémédiablement prise. Il faut savoir aussi que l'on n'aliène pas sans remords une église consacrée.

André Ouellet

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