Une église à fermer
Comme 600 autres paroissiens de Roberval et Sainte-Hedwidge j'ai assisté à l'assemblée que tenaient les marguilliers au Château Roberval. Le président du comité, Gilles Bilodeau, a voulu bien expliquer aux personnes présentes tout le processus qui a amené le comité à prendre telle décision plutôt que telle autre. Depuis février 2006, le comité a tenu treize réunions officielles. Dès le départ, ils se sont donné sept critères d'évaluation applicables principalement aux églises et aux presbytères. Afin de prendre des décisions éclairées, les membres consultaient régulièrement des professionnels comme des architectes, des ingénieurs, etc.
Je pense qu'il s'agit d'un exercice raisonné, raisonnable et objectif. Le comité en arrivait à la conclusion de la fermeture des presbytères de Sainte-Hedwidge et Notre-Dame ainsi que de l'église Notre-Dame.
Bien sûr, plusieurs citoyens se sont élevés contre la fermeture de l'église Notre-Dame; possiblement que le même phénomène se serait passé si le comité avait proposé la fermeture de l'église Saint-Jean-de-Brébeuf ! C'est le phénomène de « pas dans ma cour » ou « pas mon église » ! Et l'on repart avec une argumentation émotive et sentimentale.
Peut-être qu'il faudrait poser la question suivante : « Combien de places avons-nous besoin dans l'église ? » En fait, il y a quelques mois, sans que nous le sachions, l'on a compté, en moyenne, combien de personnes assistaient à la messe le samedi et le dimanche dans les trois lieux actuels de culte, il y en a environ 700. Et je vous parie que dans vingt ans il y en aura deux fois moins; qu'il vous suffise d'enlever, dans nos églises, le nombre de têtes blanches (et celles qui devraient naturellement l'être) et vous verrez ce qu'il reste de pratiquants et faites la projection de ce qu'il restera dans quelque vingt ans ! A-t-on vraiment besoin d'une église de 1200 places (Notre-Dame) pour répondre à une demande de 700 personnes réparties sur deux jours dans trois lieux de culte? Et si la pratique religieuse reprenait, il sera possible de multiplier le nombre de messes par fin de semaine.
En plus des places dont nous avons besoin dans l'église, il faut bien voir que nous nous orientons, à chaque année, vers un déficit d'opération de quelque 50,000$; il faut absolument faire des économies et le plus possible et le plus vite possible car bientôt les paroisses s'en viennent avec de nouvelles responsabilités au niveau de l'enseignement religieux qui ne sera plus donné dans les écoles; il faudra du personnel supplémentaire et donc des dépenses supplémentaires. Les non pratiquants sont-ils prêts à payer davantage ? Je ne le crois pas. Je pense même que les pratiquants ne sont pas prêts eux non plus à débourser plus qu'ils ne le font actuellement.
Moi aussi je trouve que l'église Notre-Dame est possède plusieurs qualités, mais la garder ne correspond pas aux besoins de ma communauté et ne m'aidera pas à combler le déficit dont je devrai un jour ou l'autre me défaire.
Gérard Guay
Roberval.