Le virage s'amorce
Au fil des mois, les intervenants politiques et économiques du Lac-Saint-Jean ont constamment martelé le message que la région était condamnée à l'innovation. Le changement de mentalité s'amorce peu à peu. Trois exemples intéressants sont à signaler à Saint-Félicien cette semaine.
Lors de la séance du conseil municipal lundi, les élus ont confirmé la vente du camping municipal au promoteur Yves Pelchat. Aux dires du maire de Saint-Félicien, Gilles Potvin, le projet d'investissements soumis par l'homme d'affaires dépasse amplement les attentes de la ville.
L'audace du promoteur force le respect. La vente du camping rapportera 700 000$ à la ville. Yves Pelchat s'est engagé à investir 875 000$ dans ses installations au cours des cinq prochaines années. Son projet prévoit la reconstruction du pavillon d'accueil, l'ajout de nouveaux emplacements, le développement d'une bleuetière touristique et l'aménagement de glissades d'eau. Avec la proximité du Jardin zoologique, ce secteur de la ville deviendra un véritable carrefour touristique.
Les statistiques démontrent une baisse de l'achalandage touristique lors de la dernière saison. Les conditions météorologiques peu clémentes et le prix de l'essence élevé peuvent expliquer en partie cette performance.
Cependant, il faut être réaliste : le tourisme au Saguenay-Lac-Saint-Jean a besoin de renouveau. Les invités à la table ronde Vision 2007, soit Louise Boulanger de la Chambre de commerce, Rémy Kurtness du Conseil des Montagnais, Stéphane Leclerc du Carrefour jeunesse emploi, Claude Godin de PH Lemay, Jean Simard du CLD Domaine-du-Roy et Michel Tremblay de la Commission scolaire du Pays-des-Bleuets ont bien démontré l'importance du tourisme et la nécessité d'innover.
Ce message, Yves Pelchat l'a bien compris. Il ne se contente pas du statut quo. Il va plus loin. Il est persuadé que l'industrie touristique peut faire mieux. D'autres promoteurs ou attractions touristes devront suivre son exemple.
Lors de l'annonce de la vente du camping, plusieurs interrogations étaient ressorties. Les citoyens se questionnaient sur les prétentions qui motivaient les élus félicinois à privatiser cette installation rentable. Aujourd'hui, le projet ambitieux déposé par Yves Pelchat démontre qu'ils ont pris la bonne décision.
Quatrième transformation
Les pays européens ont compris depuis plusieurs années que les ressources forestières devaient être maximisées. Les résidus de leurs usines de sciage sont entièrement réutilisés. Au Québec, le secteur forestier a longtemps fait fi de cette nécessité. La production se concentrait uniquement sur la première transformation. La priorité était de vendre le plus de bois possible au marché américain. Cette mentalité change peu à peu. Les entreprises spécialisées dans la transformation émergent.
Sabin Deschênes a développé un concept des plus intéressants avec son entreprise Les meubles Enviro-Bois. Il utilise les résidus de la troisième transformation pour fabriquer un produit unique. De plus, il dispose d'une matière première abondante à faible coût et située à proximité. Tous les ingrédients sont réunis pour faire de cette jeune PME un véritable succès. En opération depuis à peine deux mois, Les meubles Enviro-Bois a déjà établi des contacts avec des acheteurs de l'extérieur de la région. Et le plus important, c'est que Sabin Deschênes réalise un rêve qu'il caressait depuis toujours, celui de travailler de ses mains dans son propre atelier d'ébénisterie.
Un discours porteur
Le maire de Saint-Félicien, Gilles Potvin, s'est rendu à Ottawa en début de semaine pour prendre part au Symposium sur la forêt organisé par le Syndicat des communications, de l'énergie et du papier. Des travailleurs forestiers provenant de l'ensemble du Canada étaient présents. L'occasion était idéale pour M. Potvin afin qu'il partage sa vision de l'avenir du secteur forestier.
Saint-Félicien répète le même message depuis des mois. Les élus se battent pour conserver leur acquis. Ils souhaitent faire de leur ville un exemple d'innovation. Leur stratégie industrielle est agressive et audacieuse. L'ardeur qu'ils mettent pour que les dossiers progressent est impressionnante. Leur message est convaincant. Cette attitude positive est porteuse d'espoir pour l'avenir économique de Saint-Félicien.