EDMONTON - Des scientifiques canadiens retournent sur une île de l'Arctique où des militaires ont déjà espionné des sous-marins soviétiques, durant la guerre froide, afin cette fois de mettre à l'essai une nouvelle génération de capteurs à la fine pointe de la technologie devant permettre de surveiller les eaux nordiques de plus en plus fréquentées que revendique le Canada.
Si un navire tente de franchir le passage du Nord-Ouest, à compter du mois d'août, le système désigné sous le nom de Canadian Arctic Night and Day Imaging Surveillance System (Candiss) permettra aux autorités de le savoir.
Luc Forand, de Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC), à Valcartier, près de Québec, a affirmé que cette étape représentait "le premier pas d'enfant" du projet de surveillance.
M. Forand fait partie de l'équipe de chercheurs devant se rendre à Gascoyne Inlet sur l'île Devon, dans le Nunavut, afin d'y installer le système. Il a expliqué que l'objectif visé était de surveiller le trafic maritime le long du plan d'eau relativement étroit, large de 75 kilomètres, situé en face de Gascoyne Inlet.
"C'est un peu le point de passage obligé", a indiqué M. Forand.
Les spécialistes de l'Arctique avancent depuis longtemps que la fonte de la glace marine va ouvrir des passages plus larges à la navigation. Ils ajoutent que si le Canada souhaite contrôler des eaux telles que celles du passage du Nord-Ouest, ils doivent tout d'abord être en mesure de savoir qui s'y trouve.
Les navires empruntant le passage du Nord-Ouest ne sont pas tenus de s'enregistrer auprès de la Garde côtière canadienne, bien que la plupart d'entre eux le fassent. Ces dernières années, plusieurs navires privés ont franchi le passage et accosté illégalement les rives canadiennes.
Les essais menés au moyen de Candiss, dotés d'un budget d'environ 1 million $, doivent se poursuivre jusqu'en 2010. Ils font partie d'un programme de 10 millions $ baptisé "Surveillance dans le Nord".
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