Effervescence politique
Au lendemain des élections provinciales, plusieurs personnes ont certainement poussé un soupir de soulagement. Enfin les médias allaient aborder d'autres thèmes que la politique. Le répit aura été de courte durée puisque la politique occupe plus que jamais une place prédominante dans les manchettes.
À peine la poussière retombée après la victoire du candidat péquiste, Denis Trottier, dans le comté Roberval qu'une autre bombe tombait : le député bloquiste du comté Roberval-Lac-Saint-Jean, Michel Gauthier, annonçait son retrait de la politique active après avoir représenté ses électeurs à la Chambre des communes pendant 14 ans.
Quelques jours après, l'actuel maire de Roberval, Denis Lebel, annonçait qu'il briguait l'investiture pour le Parti conservateur dans le comté. Il rejoignait ainsi Ghislain Lavoie, Bernard Potvin et Sylvain Martel qui étaient tous pressentis pour se lancer dans la mêlée. Le scénario qui a suivi a pris plusieurs personnes par surprise. À tour de rôle, les différents adversaires potentiels se sont éclipsés laissant toute la place à Denis Lebel.
La popularité croissante des idées de la droite explique le soudain intérêt vers le Parti conservateur. Les fédéralistes dans l'âme se tournent vers cette option politique puisque le Parti libéral du Canada entreprend, pour sa part, une période de reconstruction. Cette situation créée tout un émoi auprès des militants conservateurs de la première heure.
En effet, tous les membres de la «vieille garde» conservatrice du comté ont jeté la serviette pour laisser toute la place à Denis Lebel et son équipe, à commencer par Rémy Leclerc, conseiller municipal de Roberval et maintenant président de l'association.
Toute cette bisbille soulève de nombreuses questions. Les militants de longue date auraient eu tout intérêt à profiter du nouvel essor et des forces fraîches qui s'intéressent maintenant au Parti conservateur. Ils n'ont pas apprécié l'attitude de Denis Lebel qui est arrivé sur ses grands chevaux. Pour leur part, les nouveaux arrivants auraient certainement bénéficié de l'expérience de l'équipe en place. Le dialogue représentera toujours la seule solution pour la bonne entente. Dans le cas qui nous intéresse, les deux camps s'attaquent par médias interposés.
Cette histoire est difficile à comprendre pour le commun des mortels et votre humble serviteur. Une chose est certaine : cette chicane n'aidera pas le Parti conservateur dans sa tentative de s'emparer du comté. Pendant ce temps, les militants du Bloc québécois en profitent en regardant leurs opposants politiques se déchirer entre eux.
Le retour de la «vieille garde»
Le Parti québécois vit présentement une page sombre de son histoire. Lors de la dernière élection provinciale, la formation politique s'est vue reléguer au rang de troisième parti à l'Assemblée nationale. Une telle performance a provoqué une réelle remise en question.
Semaine après semaine, les spéculations se sont multipliées sur l'avenir d'André Boisclair à la tête du PQ. Le 8 mai dernier, la pression devenue trop forte a provoqué la démission du jeune chef.
La population a ensuite été témoin d'un véritable roman-savon. Gilles Duceppe annonce sa candidature. Pauline Marois se lance dans la course. Quelques jours plus tard, M. Duceppe fait volte-face et demeure au Bloc québécois laissant toute la place à Pauline Marois. Cette histoire rocambolesque est toute à l'image du PQ des derniers mois.
Certains se réjouiront du retour de Pauline Marois. Les militants péquistes espèrent certainement qu'elle saura mener le Parti québécois au pouvoir et qu'elle deviendra la première femme à occuper la fonction de Premier ministre du Québec. Elle incarne l'expérience et la continuité... et le statut quo. Je ne vois pas comment elle pourra amener le souffle nouveau dont a besoin le PQ. Le temps me donnera tort ou raison.
Même si je n'étais pas le premier partisan d'André Boisclair, il représentait l'émergence de la nouvelle génération. Définitivement, la nouvelle génération a beaucoup de difficultés à se tailler une place dans notre société.
Opération charme
Le Parti libéral du Québec est déjà en mode «opération charme». Le Premier ministre Jean Charest a visité le Lac-Saint-Jean cette semaine pour démontrer qu'il n'en voulait pas à la région d'avoir montré la porte à deux députés libéraux et élu cinq députés péquistes. Il a annoncé pour la troisième fois le projet d'amélioration du CSSS Maria-Chapdeleine à Dolbeau-Mistassini. Les électeurs doivent s'attendre à tout...