Réponse de Noel Lévêsque à Conception GLC
C'est avec attention que j'ai lu le texte de M. Luc Laforest, président de Conception GLC, faisant suite à un article de Jean-François Bonneau de l'édition du 12 mai, p 17, 5 ème para., alors que le journaliste me cite en ces termes :«l'investissement de 5000$ dans l'entreprise conception GLC, qui est désormais à Roberval, aurait pu être attribué en s'assurant que l'entreprise s'engage à investir dans la municipalité».
D'abord, précisons qu'en tant que conseiller municipal et que membre de la corporation de développement, jusqu'au dernier conseil, je n'ai jamais fait le procès de son entreprise et n'ai jamais eu pour mandat de faire enquête sur la viabilité de sa démarche entreprenariale. Je me suis borné à constater, qu'un investissement de 5000$, sous forme de prêt impliquant le CLD, dans le cadre du Fonds sur la ruralité ( prêt obtenu avec l'aide et le soutien technique et administratif de la municipalité qui a réservé une enveloppe budgétaire correspondante transférée dans un programme de financement, selon les DG de la municipalité et du CLD, consultés les 22-23 mai ), est une mesure questionnable dans une petite communauté comme Ste-Hedwidge où les investissements sont rares. Difficile de s'expliquer en trois lignes sur des dossiers complexes! Ce montant, qui avait pour but l'établissement et surtout le maintien d'une entreprise chez nous, n'a pas atteint l'objectif visé et n'a pas pu stabiliser et optimiser les investissements et les retombées escomptées dont par exemple les taxes municipales associées à la location, l'achat ou la construction de bâtiments, etc. Je n'ai jamais contesté la contribution de l' entreprise à l'économie locale. Je veux bien croire les allégations du président de GLC en termes de retombées et de solidarité ou de priorité d'emploi. Je n'ai jamais dit, souhaité ou laissé croire que son entreprise devait cesser ou limiter ses activités, bien au contraire, comment un conseiller municipal pourrait-il être contre le développement économique dans la conjoncture de décroissance que nous connaissons présentement ? Toutefois, je crois devoir rappeler que le but premier d'une municipalité n'est pas l'aide au financement direct du développement d'entreprises privées, une foule d'organismes privés, publics et semi-publics sont spécialisés dans la chose : institutions financières, organismes de développement : SADC, BDC, CLD, CJE, etc. Ces organisations peuvent aider à la réalisation d'un plan d'affaires, d'une étude de marché, d'une planification financière et infrastructurale, à l'évaluation de la technologie, de la main-d'œuvre, de la mise en marché, de la logistique de transport et de diffusion des produits, à la détermination des facteurs de risque et de rentabilité et j'en passe. Les gouvernements offrent également du financement via divers programmes de prêts qui exigent presque toujours des mises de fonds, des conditions d'admissibilité et des garanties de remboursement advenant pour quelque raison que ce soit, que la réalisation projetée ne puisse se faire. Des garanties peuvent même s'apparenter à une exigence de localisation territoriale spécifique. Certes une municipalité peut favoriser l'établissement d'une entreprise sur son territoire par plusieurs mesures : terrain à prix réduit, infrastructures d'un parc industriel, crédit de taxes , conseils techniques, montage de dossier en partenariat, etc. Toutefois, l'investissement direct ou indirect dans des intérêts privés est plus rare et quand il se présente, il est toujours assorti d'ententes écrites prévoyant des conditions strictes dont l'entente contractuelle est l'élément premier. Force nous est de constater qu'il y a eu une entente informelle impliquant le maire et une aide pour l'obtention d'un prêt via la municipalité.
Personne n'a jamais précisé en ma présence le détail de cette dernière pas plus que les conditions spécifiques qui y étaient assorties. Je n'étais pas mal informé, on a pas voulu ou pu m'informer des détails, l'opération s'étant déroulée quelques mois avant mon arrivée selon le DG de la municipalité, soit en novembre 2005. Il est certain que je visais essentiellement par mon commentaire sur le dossier GLC pris en simple exemple, à partir de l'information véhiculée au conseil municipal, l'administration municipale dans son approche des dossiers de développement et non votre entreprise, cela me semblait évident. Au sortir de l'aventure, ultimement, bien des bonnes raisons ont pu fonder votre décision de choisir Roberval en plus du lobbying courant en pareil dossier et de la possible négociation d'avantages stratégiques qu'une petite municipalité ne pouvait, a-t-on dit, par la modestie de ses moyens, vous donner, avantages rarement rendus publics. Si vous ne pouviez louer, acheter ou construire ici, je suis désolé pour vous tout autant que pour nous. Je n'ai pas à questionner votre processus d'implantation, d'organisation, de recherche et développement et de financement. Mais une petite municipalité n'est pas une banque ou un organisme de développement ou de solidarité. Si elle investit temps et expertise ou tout autre moyen et dans une certaine mesure donc l'argent des payeurs de taxes, c'est pour maximiser les retombées économiques par un établissement sous forme physique concrète avec une activité effective ayant un effet de moteur économique mesurable, aux retombées profitables au plus grand nombre. Une municipalité a une certaine obligation morale de résultat. Je vous souhaite de réussir de tout cœur, puisque cette réussite devrait selon vos propos servir presqu'autant Ste-Hedwidge que Roberval. Les citoyens seront donc étonnés d'apprendre qu'il est laborieux d'obtenir une information complète, claire, exacte et démontrable à Ste-Hedwidge, la transparence n'est pas une habitude acquise ! Selon les informations reçues, je demeure convaincu que dans sa forme, sa mesure et son approche, son soutien technique minimal dans votre dossier, la municipalité aurait peut-être dû saisir une occasion unique et faire comme il se fait ailleurs, travailler encore plus, approfondir sa compréhension de votre projet. Ce faisant elle aurait démontré un dynamisme et un soutien proactif au développement, ce dont a vraiment besoin le milieu. En agissant de la sorte, la municipalité, aurait eu plus de chances de garantir ou d'attirer des investissements variés plus élevés qui auraient peut-être pu à leur tour contribuer à vous convaincre de demeurer dans la communauté. Tout le monde a fait de son mieux prétendez-vous, même M. le maire, Gilles Toulouse ? Alors tirons au moins des enseignements de la situation, qu'est-ce qui n'a pas fonctionné en somme ? Telle est ma préoccupation fondamentale, et en cela, tout a été dit. Bonne chance dans vos entreprises.
Noël Lévêsque