La Commission scolaire rétorque à Greenpeace
La Commission scolaire du Pays-des-Bleuets déplore les propos tenus par Greenpeace qui confère une fois de plus une image négative aux travailleurs forestiers. En accord avec le but poursuivi par le groupe, la protection de nos forêts, la commission scolaire désapprouve, cependant, leur façon de faire et réfute les allégations diffamatoires que le groupe écologiste a faites en ce qui a trait aux pratiques forestières, qu’il qualifie d’abusives et de destructrices.
L’utilisation d’un vocabulaire sensationnel et l’image du forestier sans pitié, ont une fois de plus servi pour illustrer le discours des écologistes. En plus d’avoir parlé à tort, Greenpeace a anéanti des années d’efforts en terme de revalorisation des professions forestières. Sans s’en rendre compte, il a lancé aux générations futures de travailleurs, qu’il n’y a aucun avenir en foresterie et ainsi mis en péril une panoplie de programmes de formation. Une situation qui n’arrangera pas la pénurie qui sévit et qui s’amplifiera avec une telle croisade.
Greenpeace semble ignorer les changements draconiens qu’ont connus les méthodes de travail des forestiers. Leurs déclarations chocs et démesurées ne reflètent en rien ce que se passe chaque jour sur le terrain. En plus de fausser la perception des citadins, ils replongent d’innombrables familles, communautés, écoles, villages et régions dans l’incertitude. Ce sont les régions qui paieront le prix de cette offensive gratuite et infondée. N’oublions pas que l’activité d’une circonscription comme Roberval dépend à plus de 70% de l’exploitation forestière. Un état de précarité succéderait, donc, inévitablement un arrêt des opérations forestières et un boycott.
En portant de telles accusations, Greenpeace n’a pas mesuré les répercussions préjudiciables que ces dénonciations auront sur les maisons d’enseignement qui dispensent des cours rattachés à la foresterie ainsi qu’aux autres domaines de formation connexes à la forêt. Plusieurs années d’efforts en valorisation viennent d’être balayées du revers de la main. Après la perte des emplois en forêt, voilà que ceux reliés à la formation risquent de s’ajouter.
Formation
Dans notre volonté de participer à la profonde réflexion et la prise de conscience qui marque l’industrie depuis quelques années, les maisons d’enseignement bâtissent leurs programmes en tentant de trouver un juste équilibre entre l'exploitation forestière et la saine gestion. À la Commission scolaire du Pays-des-Bleuets, une dimension écologique a été intégrée à tous les programmes offerts dans nos centres de formation professionnelle. Désormais, une conscience environnementale transcende l’ensemble des pratiques forestières enseignées.
Soucieux de conscientiser la future relève à la protection de l’environnement, nos enseignants qui travaillent en partenariat avec l’industrie, s’assurent d’inculquer aux élèves de nouvelles façons de faire en ce qui a trait aux méthodes de coupe et de récolte. En plus de leur bagage académique, la nouvelle génération de travailleurs arrive donc en entreprise avec des valeurs ainsi que des principes de gestion, de planification et des pratiques qui visent à protéger et respecter l’environnement. Par souci de former des cohortes de plus en plus qualifiées, nos centres sont toujours à l’affût des nouvelles techniques utilisées. Ce qui semble être recherché par les entreprises, puisque notre taux de placement dépasse les 85%. Il est donc faux de dire que les sociétés ne se soucient pas de leurs pratiques forestières. Il est à espérer que les maisons de formation ne subiront pas les effets négatifs que peuvent entraîner de tels propos.
Au lieu de partir en croisade contre les forestiers en prétendant qu’ils dépossèdent le Québec de ses forêts, Greenpeace devrait discuter avec nos travailleurs et étudiants. Ce n’est pas emmuré par le béton que l’on peut se targuer de protéger la forêt et de connaître ce qui se passe réellement dans nos forêts. Les sociétés forestières n’ont pas besoin d’une campagne de dénigrement, mais plutôt de partenaires qui participent à l’amélioration continue. Des partenariats dont les efforts sont malheureusement anéantis par des groupes qui critiquent sans apporter de solutions.
En aucun temps, Greenpeace n’a fait mention des travaux de recherches qui sont menés et des améliorations déployées par les entreprises au fil des ans. Des omissions qui altèrent la crédibilité de leur message. En effectuant un retour dans le temps, on constate que des changements ont métamorphosé la gestion et les pratiques liées à l’exploitation forestière. Afin de poursuivre en ce sens, les grandes entreprises comme Abitibi-Consolidated et Bowater sont sans cesse à la recherche d’une main-d'œuvre qualifiée et à l’affût des nouvelles pratiques qui visent la préservation des écosystèmes et la protection du milieu forestier ainsi que la diversité de ses usages.
Rémi Rousseau, président
Commission scolaire du Pays-des-Bleuets