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Autopsie du monde agricole

Hélène Gagnon par Hélène Gagnon
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Article mis en ligne le 14 septembre 2007 à 7:44
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Autopsie du monde agricole
Au Québec, annuellement, 800 fermes disparaissent. Au début des années1940, on dénombrait sur le territoire québécois 155 000 fermes; en 2001, le chiffre ne dépasse pas 30 000. Du virage industriel des années 1950 jusqu’aux accords de libre-échange valorisant l’exportation, en passant par un système de subventions qui pousse les entreprises à grossir sans cesse, c’est tout un mode de vie qui a été bouleversé.
Pour une 5e année, l’Union des Producteurs Agricoles a organisé la journée Porte ouverte sur les fermes du Québec. Cet événement unique valorise l’agriculture auprès de la population en lui présentant différentes entreprises agricoles du territoire québécois. Cette journée a une mission bien simple, soit de soutenir et de promouvoir, dans une perspective de développement durable, le développement du secteur agricole et agroalimentaire. Encore cette année, l’événement a eu un succès fou. La ferme Taillon et fils de Saint-Prime a accueilli 2000 personnes. Malgré cela, nos producteurs laitiers, nos producteurs de fruits et légumes et nos producteurs de graminée ne sont plus en mesure de redonner à l'agriculture le prestige qu'elle revêtait au début des années 1960.
Des conditions hors de contrôle
Trouver de la relève est un défi de taille pour l'agriculture locale. Même si chaque année plusieurs jeunes s'inscrivent à des programmes de formation, une dure réalité les attend une fois sur le marché.

L’agriculture se distingue des autres secteurs économiques par le surinvestissement. En effet, dans ce secteur, il faut près de 5 $ d’investissement afin de générer 1 $ de revenu. Cette situation est difficile pour tous les jeunes qui deviennent producteurs agricoles et qui doivent acheter la terre, les bâtiments, le quota, s’il y a lieu, et les différents équipements nécessaires à la production.

La mondialisation est un élément qui nuit à l'exploitation et à la production agricole. Plusieurs producteurs louent et cultivent leurs terres au bénéfice de grandes entreprises. Cette stratégie permet à l’agriculteur d’amasser les sommes nécessaires pour permettre le roulement de sa ferme. Sauf que ces géants peuvent plier bagage, d’une année à l’autre, laissant aux producteurs une culture qui ne lui rapportera pas suffisamment. Depuis le milieu des années 80, l'aide accordée aux entreprises agricoles a chuté de 9 %. De plus, le Canada est accusé d'un retard en matière de programmes d’aides. Une réalité qui n'aide pas les producteurs locaux à concurrencer avec les producteurs américains.
Toujours à la recherche de solution
La Commission sur l’avenir de l’agriculture qui s’est tenue à la fin du mois d’août, a été l’occasion idéale d’exprimer les craintes du milieu agricole. Bernard Généreux, préfet de la MRC du Domaine-du-Roy et président de la Fédération Québécoise des Municipalités, a réclamé la mise sur pied d’une table centrale de concertation réunissant des acteurs ayant des responsabilités en matière d’agriculture afin de faciliter la compréhension des enjeux agricoles et des préoccupations municipales. Ces enjeux doivent être étalés au grand jour. Ainsi, la population sera consciente des problématiques que vit présentement le monde agricole.

L'État doit revenir à la vision qu'elle avait de l'agriculture à la fin des années 1970. Une agriculture qui possède un rôle social, un rôle d'occupation de territoire et un rôle culturel. La tenue de marchés publics et l'agriculture de subsistance étaient à la base de ce mode de vie. À cette époque, les localités vivaient par l'entremise de cette activité. Aujourd'hui, l'agriculture a perdu tout son sens et on exige que les producteurs soient performants et qu'ils gèrent des entreprises.

Est-ce que l'agriculture locale nous nourrira encore dans les cinq, dix ou vingt prochaines années? Un retour en arrière est-il possible ou avons-nous atteint le fond du baril? Conscientiser la région à l'achat et à la production locale s'avère présentement la meilleure solution pour diminuer les impacts sur la région. Les 1000 entreprises agricoles, dénombrées dans la région, reprendront leur souffle, ce qui aidera, par le fait même, le développement de notre économie locale.
Question du net
Pour une dernière fois, nous vous livrons les résultats de notre question du net sur www.letoiledulac.com. En date du 13 septembre à midi, 677 personnes ont voté. Les résultats révèlent que la candidate libérale, Louise Boulanger, et le candidat conservateur, Denis Lebel, se suivent de près avec respectivement 260 (38 %) et 239 (35 %) votes. La candidate du Bloc Québécois, Céline Houde, arrive troisième avec 120 votes (18 %).

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