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La naissance d’un géant

Daniel Migneault par Daniel Migneault
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Article mis en ligne le 2 novembre 2007 à 9:27
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La naissance d’un géant
Toutes les étapes nécessaires avant le regroupement des entreprises forestières Abitibi-Consolidated et Bowater sont désormais complétées. La nouvelle entité AbitibiBowater devient un géant de l’industrie forestière. Désormais, la majorité des territoires de coupe du comté Roberval leur appartienne.
Même si les dirigeants de la compagnie se montrent rassurants et insistent sur le fait qu’il n’y a pas de fermetures d’usine au menu, la population est en droit de se poser des questions. Les rumeurs de rationalisation persistent depuis des mois, bien avant la naissance officielle d’AbitibiBowater. Qu’est-ce qui a changé aujourd’hui?

Bien sûr, l’entreprise a probablement les reins un peu plus solides, je dis bien un peu. Les bilans trimestriels d’Abitibi-Consolidated et Bowater font état de pertes à répétition. Ce n’est pas une fusion qui changera cette réalité, du moins à court terme.

L’usine Abitibi-Consolidated de Roberval possède des travailleurs très performants. Elle est cependant située loin des parterres de coupe. La scierie Bowater de Saint-Félicien est la dernière usine du genre sur le territoire de la ville. Il y a un an à peine, Bowater signifiait son intention de ne conserver que le rabotage. Par la suite, le milieu s’est mobilisé pour présenter un concept intégré autour de la scierie. Le plan est déposé, mais il n’y a toujours pas de réponse.

La situation précaire de la papeterie Bowater de Dolbeau n’est un secret pour personne. Il ne reste qu’une seule machine à papier. Il y a quelques années, Bowater s’est départi de son usine de cogénération. Aujourd’hui, à l’époque où les coûts d’énergie sont vitaux, cette décision constitue un handicap supplémentaire pour la papeterie.

Finalement, la scierie Mistassini, qui avait pourtant été identifiée comme celle ayant le plus grand potentiel de survie, a réduit ses effectifs. Les travailleurs ont manifesté cette semaine pour démontrer leur ras-le-bol de l’incertitude qui règne.

Donc, qu’est-ce que la fusion entre Abitibi-Consolidated et Bowater a changé?

Appelés à commenter la fusion, nos élus ne se sont pas montrés très rassurants. Le préfet de la MRC du Domaine-du-Roy, Bernard Généreux, affirme qu’il serait étonnant qu’il n’y ait pas de fermetures d’usines. Il espère des réponses rapides si la compagnie prévoit des rationalisations ou non.

Le député péquiste de Roberval, Denis Trottier, anticipe également des moments difficiles. Il mentionne qu’AbitibiBowater devra présenter des solutions de rechange pour que les milieux touchés puissent tout de même se développer.
Absence de mesures pour la forêt
Le gouvernement conservateur a déposé un mini-budget à la Chambre des communes. Le ministre des Finances, Jim Flaherty, a confirmé une autre réduction de la TPS. Les impôts seront également réduits pour les particuliers et les petites et moyennes entreprises.

Malheureusement, on ne retrouve rien dans cet exercice pour les entreprises en difficultés notamment dans les secteurs manufacturiers et forestiers. Le gouvernement conservateur a plutôt décidé d’attendre le dépôt du budget en 2008 avant de soumettre un nouveau plan.

Comme je l’ai mentionné plus tôt, l’incertitude plane sur les installations d’AbitibiBowater dans le comté Roberval. Peut-on vraiment se permettre d’attendre avant de déposer des mesures? Si on se retrouve dans cette situation difficile aujourd’hui, c’est justement parce que les entreprises forestières ont trop attendu avant d’investir dans leurs installations. Un plan de soutien aux entreprises immédiat peut faire la différence entre le maintien ou la fermeture d’une usine.

Le député conservateur Denis Lebel n’est pas en poste depuis très longtemps. Il faut lui donner le temps de faire ses preuves. Il se devra absolument de mettre beaucoup de pression sur le Premier ministre Stephen Harper pour que des mesures concrètes soient déposées au cours des prochaines semaines. Je ne pense pas que nous pouvons nous permettre d’attendre. C’est pourquoi j’estime que des actions sont nécessaires avant la fin de l’année 2007.

L’argument du pouvoir a été le principal cheval de bataille de Denis Lebel pendant la campagne électorale. Les gens lui ont fait confiance et les attentes sont élevées. C’est maintenant le temps de prouver qu’un député au pouvoir a du pouvoir.

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