L'utilisation du bois dans la construction serait beaucoup plus écologique que celle du béton et de l'acier.(Photo : courtoisie)
Le bois est toujours le meilleur choix écologique
« Sauvons la planète, utilisons du bois! » C'est en quelque sorte le message lancé par Sylvain Labbé du Bureau de promotion des produits forestiers du Québec (Q-Web).
L'industrie du bois a bien mauvaise presse par les temps qui courent. Les compagnies forestières sont régulièrement la cible des écologistes. Pourtant, affirme Sylvain Labbé, la meilleure façon de diminuer les émissions de CO2 dans la construction de bâtiments est d'utiliser le bois.
La présentation de M. Labbé s'applique à démonter quelques croyances populaires et idées véhiculées par certains groupes écologistes. D'abord, l'utilisation de l'acier et du béton est moins écologique que celle du bois et non le contraire.
« Les trois plus grandes sources de CO2 sont dans l'ordre : l'utilisation du pétrole, la production de l'acier et la production de béton, explique-t-il. Plus on utilise l'acier et le béton, plus on produit du CO2. C'est un peu comme à l'époque où l'on est passé du sac d'épicerie en papier à celui en plastique. “Save a tree, use PVC! ” Maintenant, on s'aperçoit qu'on faisait fausse route. »
Les coupes ne contribueraient donc pas aux changements climatiques. Elles seraient plutôt le meilleur choix écologique puisque le bois est le seul matériau renouvelable et recyclable.
M. Labbé s'en prend également à l'argument voulant que transformer les forêts en aires protégées en soit la meilleure utilisation possible : « Si nous cessons les coupes, par quoi remplaçons-nous le bois? Par le béton et l'acier. Le problème, ce n'est pas les coupes, c'est la déforestation. Et, de la coupe à blanc, bien que ce soit très laid, ce n'est pas de la déforestation. »
D'ailleurs, les coupes de bois dans la forêt boréale n'affecteraient que très légèrement la capacité d'absorption du CO2 dans l'atmosphère : « Le poumon de la Terre n'est pas au nord, affirme-t-il. Il est dans la forêt tropicale qui, malheureusement, est aux prises avec la déforestation et les coupes illégales.»
Les bâtiments certifiés LEED ne trouvent pas plus grâce aux yeux du représentant du Bureau de promotion des produits forestiers. Encore une fois, c'est la prévalence de l'utilisation du béton et de l'acier dans ces constructions qui cause problème.
« LEED est presque devenu un monopole qui pousse les architectes et les promoteurs à réduire l'utilisation du bois, déplore-t-il. Le seul bois permis doit être certifié, mais LEED accorde moins de point pour son utilisation que pour celle du béton et de l'acier. C'est comme si, dans l'alimentation, on donnait un bon point pour la consommation de légumes biologiques, aucun point pour les légumes qui ne le sont pas, mais douze points pour du McDo! »
En conclusion, pour diminuer les niveaux atmosphériques de CO2, il faut, selon Sylvain Labbé, arrêter les coupes illégales et la déforestation pour reboiser, utiliser davantage de produits du bois dans les constructions et même favoriser l'utilisation de résidus de la transformation du bois comme substituts aux produits du pétrole. Un programme qui aura besoin d'un sérieux coup de pouce des gouvernements pour atteindre ses objectifs.