Sommes-nous tous des « Ebenezer Scrooge »?
En ce moment de l'année, je suis indifférente à l'approche des fêtes et nostalgique en plus. Pas au point de détester Noël, mais assez pour ne plus croire en la magie de la nuit du 24 décembre. Chaque année, les Canadiens dépensent en moyenne 36,8 milliards de dollars. Vous ne trouvez pas ça aberrant? À croire qu'en 2007, la magie de Noël passe par le portefeuille.
@R:À Noël, les familles et les amis se réunissent pour célébrer la saison des Fêtes. C'est certainement le point le plus positif, et quand l'on sait comment vivre ces moments, Noël reprend son sens. Dans les prochaines lignes, peut-être me trouverez-vous négative, mais je tenais à dresser le portrait de cette période de l'année.
Vous connaissez peut-être le livre « Un chant de Noël » rédigé par Charles Dickens en 1843. L'histoire d'un vieillard arrogant et avare nommé Ebenezer Scrooge qui reçoit la visite du fantôme de son défunt associé Jacob Marley venu lui dire que son comportement actuel ne peut pas le rendre heureux. Plus tard dans cette même nuit, Scrooge reçoit la visite successive de trois fantômes incarnant le Noël passé, présent, et futur. Chacun des trois fantômes lui fait revivre un moment de sa vie qui lui fait prendre conscience qu'il ne trouvera la paix qu'en se consacrant aux autres.
Offrir des cadeaux aux gens que nous côtoyons ne signifie pas se consacrer à eux. On ne pense plus à la valeur des gestes. Ce qui me fait vous demander « Est-ce que nous sommes devenus des Ebenezer Scoorge? »
Sapin scintillant ou neige d'argent?
Comme je vous l'ai affirmé, auparavant, Noël n'est plus ce qu'il était. Les sommes dépensées au courant du mois de décembre sont impressionnantes. La valeur des dépenses occasionnées par les décorations pour les sapins de Noël importés au Canada, en 2005, est de 196,2 millions de dollars. La Chine a contribué à la majeure partie des importations, environ 89,3 %, alors que la Russie et certains pays de l'Europe de l'Est ont fourni le reste.
On pense souvent que la joie que nous procure Noël vient des cadeaux, des lumières, du sapin illuminé et de la nourriture traditionnelle. Je pense que l'erreur est là! Nous pensons aux artifices du temps des fêtes, mais nous oublions les petits moments simples à travers lesquels nous faisons plaisir aux autres et à nous par le même fait. Pourquoi ne pas vous permettre une journée de cuisine en famille ou bien une journée plein air à jouer dans la neige? Cela ne coûte pratiquement rien et les souvenirs seront des plus agréables.
Je me souviens des soirées où je regardais ma mère et ma grand-mère faire des beignes à l'approche du réveillon. Je me souviens de l'odeur de la friture et du goût de ces pâtisseries. Je n'ai jamais retrouvé un beigne qui goûtait la même chose à ma grande déception. Il y avait toujours un beigne spécial, pour moi, un petit bonhomme que seulement ma grand-mère réussissait à la perfection. Il était fait avec la même pâte, mais goûtait bien meilleur que ses semblables.
Fêter le ventre plein
Les épiceries récoltent la palme dans la liste des dépenses en 2005, avec la somme de 6,1 milliards, une hausse de 21 % par rapport au mois précédent et de 16 % par rapport aux ventes mensuelles moyennes de 5,2 milliards de dollars enregistrées en 2005. La valeur des ventes de bonbons, de confiseries et de grignotines est de 347,6 millions de dollars chez les grands détaillants du Canada. Il s'agit d'une hausse de 68 %, par rapport aux ventes mensuelles moyennes.
Je n'ai trouvé aucune statistique relative à l'achat de vin et de spiritueux. Les chiffres sont certainement exorbitants. Je suis consciente qu'il est nécessaire de se nourrir, mais sommes-nous obligés de le faire dans l'abondance et parfois l'excès? Des chercheurs ont constaté que 99 % des ménages canadiens dépensent plus que le ménage moyen d'Éthiopie du Sud sur le logement, la bouffe et les vêtements.
En cette période de l'année, profitez-en pour célébrer avec votre famille et vos amis. Ouvrez-vous sur le monde et soulignez Noël d'une manière différente. C'est souvent en sortant de la routine que nous retrouvons les véritables valeurs.
Permettez-moi d'ouvrir une parenthèse, car au-delà des rites religieux, du partage de nourriture et de boissons et d'échange de cadeaux, pour énumérer que les traditions qui perdurent depuis les siècles, Noël a une signification différente pour chaque personne. De l'histoire ancienne de la Nativité aux histoires plus modernes d'une fée des étoiles et d'un renne au nez rouge, l'émerveillement et la magie de la saison des Fêtes peuvent être partagés par tous, quelles que soient les croyances religieuses.