Une pilule, une petite granule et une mer de monde…
Je remarque principalement, en ce début d'année, que la population des différentes localités a un immense besoin de se rassembler. Toutes les occasions sont bonnes actuellement pour fraterniser.
L'aménagement de petits villages sur les différents plans d'eau du secteur, le déroulement de nombreux carnavals hivernaux ou bien les nombreuses activités sportives organisées dans les municipalités sont les moyens qu'ont dénichés les gens afin de recréer la convivialité des années tranquilles.
Vous ne trouvez pas cela un peu absurde? Moi si! Pourquoi soudainement, les gens ont le besoin vital de se réunir et partager avec d'autres leur quotidien? Pourquoi leur faut-il absolument une occasion pour côtoyer leurs voisins? Les nouvelles technologies ont favorisé ce fossé qui s’est dressé entre les gens. Internet et sa messagerie instantanée et le téléphone semble être les grands responsables de ce manque de proximité.
J’ai l’impression qu’une partie de la population, principalement les jeunes, a « boycotté » les contacts humains avec l’arrivée des nouvelles technologies. Maintenant, en un mouvement de doigt, nous avons l’illusion d’avoir le monde à proximité. Cette illusion ne comble pas le besoin de discuter, en chair et en os, avec d’autres personnes.
Un peu d’histoire
On semble revivre le retour de l’ascenseur. On fait face présentement à la véritable nature de l’Homme. Si je me rappelle bien de mes cours d’histoire au secondaire ou au collège, l’être humain a toujours travaillé en équipe. Durant la préhistoire, on chassait, on pêchait, on vivait et on se déplaçait en équipe. La survie de chacun dépendait du groupe, d’où, tout le sens de l’expression : « Un pour tous et tous pour un ».
Au début du 19e siècle et même un peu avant, les grandes familles étaient autosuffisantes afin de tisser des liens sociaux. On voit rarement cela aujourd'hui, des familles bondées d’enfants et des quartiers grouillants de vie. Les familles actuelles n’ont plus cette même dynamique.
L’individualisation est devenue un phénomène courant. Pendant plusieurs années, l’homme s’est renfermé dans son cocon. Il a limité ses contacts à l’essentiel, ce qui nous donne l’impression d’être des robots programmés à travailler, dormir et manger. L’être humain n’est pas une façade. Nous avons tous des émotions, des opinions et une énergie. Par le biais d’activités et de rassemblements, les gens ont recommencé à socialiser, mais aussi à s’extérioriser, ce qui a pour effet de créer une dynamique extraordinaire. Allez faire un tour au Village Boréal ou au Village sur glace… Le nombre de personnes qui vous feront un sourire ou vous diront bonjour est étonnant.
C’est un nombre de personnes incalculable qui se retrouvent dans un même état d’esprit afin de faire une même activité. C’est ça qui est magique! On voit cela tellement rarement en ce début de troisième millénaire. Savez-vous la chance que nous avons de vivre dans ce milieu? En trois années à Québec et deux années à Jonquière, je peux vous dire que dans la majorité des cas, je n’ai jamais su qui étaient mes voisins.
La « pilule sociale »
Ce genre d’activité est thérapeutique. En plus, il n’y a rien de plus agréable selon moi, que de rencontrer quelqu’un qui me fera un sourire ou me dira bonjour. L’effet est instantané. Vous n’aurez même pas le temps de vous dire que cette personne a pris cinq secondes de sa journée pour vous saluer que vous allez lui retourner la pareille.
Mais pour combien de temps durent les effets de cette « pilule sociale »? Voilà mon inquiétude!
La semaine dernière, le maire de Saint-Félicien, Gilles Potvin, affirmait que le Village Boréal avait recréé l’ambiance du perron de l’église. Qu’en sera-t-il quand les eaux de la rivière Ashuapmushuan auront repris le dessus sur les glaces?
Par contre, il y a environ deux semaines, la mouffette du Zoo de Saint-Félicien, Ernest, a vu son ombre. Je me réjouis de cette petite nouvelle, car l’hiver se prolongera de quelques semaines. Alors peut-être que les festivités dureront plus longtemps, ne permettant pas aux gens de retourner se blottir dans leur tanière en attendant le prochain hiver.