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Églises et exode

Daniel Migneault par Daniel Migneault
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Article mis en ligne le 18 avril 2008 à 9:34
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Églises et exode
La semaine dernière, une autre saga a pris fin, celle du choix du lieu de culte unique pour la ville de Roberval. En me rendant à l’assemblée de consultation, je m’attendais à passer une longue soirée, où les paroissiens critiqueraient vertement les conclusions du comité, peu importe les solutions retenues. Je dois avouer que je me suis trompé.
Le conseil de fabrique de la paroisse Notre-Dame-du-Lac n’avait pris aucune chance. Pour favoriser la transparence et le bon déroulement de la rencontre, la firme Référence communication avait été mandatée pour effectuer la présentation. Quelque 550 personnes s’étaient déplacées pour entendre les conclusions.

Justement, ces conclusions étonnent puisqu’on effectue un virage à 180 degrés par rapport aux recommandations déposées à la fin de l’année 2006. L’église Notre-Dame sera conservée comme lieu unique de culte et l’église Saint-Jean-de-Brébeuf sera sacrifiée.

Quand on regarde un peu plus en profondeur le travail du comité, on s’aperçoit tout de même que la décision qui a été prise est empreinte de logique. L’église Notre-Dame est plus spacieuse et pourra plus facilement être aménagée pour les besoins de la mission catholique.

Quant à l’église Saint-Jean-de-Brébeuf, sa capacité de 400 personnes a fortement joué en sa défaveur. Le principal élément qui l’avantageait est son caractère patrimonial indéniable. Il sera certainement difficile de trouver un usage à ce bâtiment. La ville de Roberval a déjà rejeté l’idée de s’en porter acquéreur.

Le choix de l’église Notre-Dame comme lieu de culte a semblé faire presque l’unanimité parmi les gens réunis la semaine dernière. Une guerre de clochers de moins!

Maintenant, c’est un autre problème qui se présente pour les différents conseils de fabrique. Car même si on a décidé de ne conserver qu’un seul lieu de culte, tant qu’il ne sera pas vendu, il n’y aura pas d’économies substantielles.

Le Diocèse de Chicoutimi accentue les efforts pour accroître le financement. Les médias ont été conviés cette semaine pour partager les résultats de la campagne 2007, pour expliquer comment sont dépensés les dons recueillis, quels sont les projets qui mobilisent les milieux. Il s’agit d’une nouvelle stratégie de communication pour le Diocèse de Chicoutimi. Les temps changent…
Demeurons positif!
Le site Internet du Bulletin régional www.lbr.ca) a publié plusieurs lettres ouvertes sur les résultats de la stratégie MigrAction. Voici un extrait du propos d’une dame de Chicoutimi : « Et pendant ce temps, il y a encore un club d’optimiste congénital qui croit que la vie est belle et que l’exode ralentit. En effet, en lisant le Progrès-Dimanche, je suis tombée sur un article du groupe MigrAction qui se réjouit du ralentissement de l’exode. Normal, car il n’y a tout simplement plus assez de jeunes dans notre région et le problème n’est pas du tout réglé malgré les prétentions de ce groupe qui lui survit en disant des sornettes « jovialistes » sur notre avenir collectif. Et en passant, ce n’est pas en offrant des paniers de bouffe « made in régional » ou en passant des spots optimistes (Escouade dans le trafic) dans les médias que MigrAction va inverser la tendance lourde à la vidange de notre population. »

Il s’agit d’un propos assez dur. C’est sûr que nous aimerions tous que l’exode des jeunes s’arrête immédiatement et que la croissance recommence. Malheureusement, ce n’est pas possible. Nous avons besoin d’initiatives comme la stratégie MigrAction pour tenter de freiner la tendance. Il y a des résultats encourageants et il faut bâtir là-dessus. Les intervenants régionaux sont en mode solution. Depuis quatre ans, on peut dire que l’on voit la lumière au bout du tunnel. Elle est encore loin, j’en conviens. Est-ce une raison pour cesser de nos efforts? Bien sûr que non, mais l’optimisme est essentiel pour survivre. C’est ma devise.

Je respecte l’opinion de cette citoyenne. Cependant, en tant que jeune qui tente de faire sa vie au Saguenay-Lac-Saint-Jean, qui a fait preuve de patience pour trouver un emploi ici et qui n’a pratiquement pas regardé les nombreuses possibilités qui existent à l’extérieur, je ne peux qu’être déçu d’entendre ces propos moralisateurs qui n’aident pas à contrer l’exode.

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