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Des impacts majeurs à prévoir

Daniel Migneault par Daniel Migneault
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Article mis en ligne le 16 mai 2008 à 13:32
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Des impacts majeurs à prévoir
Quel est le sujet qui fait le plus jaser après les conditions météorologiques ces temps-ci? Le prix élevé du litre d’essence bien sûr. En effet, au moment d’écrire ces lignes (jeudi matin), le litre se vendait 1,32 $. Les pétrolières profiteront peut-être du long congé pour majorer le prix. Toujours est-il que des impacts majeurs sont à prévoir pour l’économie d’une région dite éloignée comme le Saguenay—Lac-Saint-Jean.
À Montréal, le litre d’essence a déjà atteint 1,40 $. Les transports aériens, les transporteurs ferroviaires et les transporteurs par autobus ont déjà tous annoncé que le client devra payer son billet plus cher. Et cela, ce n’est que la pointe de l’iceberg.

Pour la prochaine saison estivale, ce sont les entreprises touristiques qui risquent de plus s’en ressentir. La clientèle extrarégionale risque de ne pas être au rendez-vous cette année. En contrepartie, la clientèle régionale risque également de limiter ses déplacements et en profitera pour découvrir les petits bijoux du Saguenay—Lac-Saint-Jean.

Cela fait plusieurs années que les camionneurs rouspètent sur le prix élevé du carburant. Ils n’ont certainement pas fini. Notre système de transport est fortement axé sur le réseau routier. Pour les camionneurs qui transportent des denrées alimentaires, c’est le consommateur qui paiera plus cher pour se nourrir. Pour les camionneurs qui œuvrent sur les grands chantiers routiers, ce sont les municipalités ou les gouvernements qui paieront plus cher. Il y a aussi le prix du bitume qui explosera certainement. En fin de compte, ce sont nos taxes et nos impôts qui financent ces travaux, donc c’est encore nous qui assumons la facture.

Pour les transporteurs forestiers, la situation est loin d’être rose. L’industrie du bois est en profonde mutation. La crise sur le marché américain n’est pas terminée. La crise forestière, bien qu’elle nous ait relativement épargnés jusqu’à maintenant selon plusieurs, pourrait nous rattraper en raison de la hausse des prix du carburant.

Il ne faudrait pas oublier les agriculteurs. Leur machinerie fonctionne largement avec l’aide du carburant diésel. Certains producteurs en serre chauffent au mazout pendant l’hiver. Ils peuvent difficilement augmenter leurs prix puisque l’offre est importante présentement sur le marché.

Dans une région comme le Lac-Saint-Jean, plusieurs personnes ont absolument besoin de leur voiture puisqu’il n’y a pas de services de transport en commun. Il y a certes Allô transport qui offre du covoiturage et un service de transport collectif qui peut représenter une solution intéressante pour certains. Mais pour plusieurs, comme par exemple nous les journalistes, la voiture est un outil de travail dont on ne peut absolument pas se passer.

Il n’y a pas que nos transports. Plusieurs produits de consommation, tous ceux qui sont fabriqués à base de plastique, seront vendus plus cher. Il est évident que c’est toute notre économie qui s’en ressentira à court terme, du moins jusqu’à ce que des solutions à notre dépendance au pétrole soient disponibles.
Des solutions
Présentement, la demande en énergie est à la hausse avec l’arrivée des marchés émergents comme l’Inde et la Chine qui ont des besoins en forte croissance. Comme le pétrole est une énergie non renouvelable, le Conseil régional de l’environnement et du développement durable du Saguenay—Lac-Saint-Jean souhaite lancer le débat pour que la région se libère de sa dépendance au pétrole d’ici 2030. Un projet ambitieux s’il en est un…

Parmi les conclusions du rapport déposé au mois d’avril dernier par le consultant Patrick Déry, le Saguenay—Lac-Saint-Jean doit prendre le virage du développement durable. Il propose notamment d’augmenter de 4000 mégawatts supplémentaires la puissance hydroélectrique; augmenter la production d’énergie produite par le biais de la biomasse forestière de 2,5 fois par rapport à la puissance produite en 2005; augmenter de 10 000 mégawatts notre puissance éolienne; développer la production énergétique par le biais de la géothermie et de l’énergie solaire.

Bien sûr, cette puissance électrique sera inutile si des moyens de transport efficace propulsés par l’électricité ne sont pas développés rapidement. Comme le souhaite le CREDD, ce scénario pourrait être le point de départ d’une réflexion qui pourrait mener le Québec et ses régions vers un imposant chantier pour relever le défi énergétique. L’étude se termine par une citation intéressante de Fatih Birol de l’Agence internationale de l’énergie : « Quittons le pétrole avant qu’il nous quitte »…

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