Aisaqvaq déménage à la maternité
Possibilité pour le Zoo Sauvage de Saint-Félicien d'avoir des oursons
Trente-huit ans après la naissance de deux ours polaires, le Zoo Sauvage de Saint-Félicien pourrait revivre la même expérience. Aisaqvaq, la femelle ours blanc, pourrait mettre bas entre les mois de novembre et de décembre.
C'est en mars dernier, que la femelle s'est accouplée à nouveau avec le mâle Inukshuk : « Depuis l'arrivée des trois oursons en avril 2004, Inukshuk, Aisaqvaq et Frimas, le Zoo Sauvage de Saint-Félicien espère un jour avoir des oursons de ses ours blancs. L'an dernier, la première tentative de notre couple s'était avérée infructueuse. C'est en mars dernier, qu'Inukshuk, le mâle reproducteur, s'est accouplé à nouveau pour une deuxième année avec Aisaqvaq. Nos espoirs qu'elle ait été fécondée et de voir naître des oursons vont peut-être se concrétiser cette année », mentionne la directrice générale du Zoo Sauvage de Saint-Félicien, Lauraine Gagnon.
Dans l'attente
Le cycle de gestation de l'ours polaire est des plus compliqués. Pour une attente de huit mois, l'embryon, s'il s'accroche aux parois, aura une période de croissance de 8 semaines. C'est ce qui explique qu'à la naissance, les oursons ne pèsent pas plus de 600 grammes et n'ont qu'un léger duvet.
Aisaqvaq a été transportée dans le secteur de la maternité. Une tanière a été aménagée pour cette dernière. Loin de ressembler aux habitats naturels qui font la renommée du zoo, les responsables ont confectionné un lieu sécuritaire pour la femelle et ils ont mis toutes les infrastructures nécessaires afin qu'elle dispose des meilleures conditions pour mettre au monde des oursons.
La tanière, faite de ciment, a été moulée sur un amas de terre afin d'avoir un aspect des plus naturels. À l'intérieur, quatre caméras avec des lampes infrarouges qui capteront 24 heures sur 24 les images de tous les mouvements et comportements d’Aisaqvaq, en plus d'enregistrer tous les sons émis permettant ainsi un suivi rigoureux de ses agissements et éventuellement de ceux de ses petits. Ces relevés de données viendront s'ajouter aux observations journalières effectuées par le personnel du département de santé animale. Ces données d’observation vont également permettre d'amasser des informations quant au comportement reproducteur de l'ours blanc.
Le Zoo Sauvage a donc apporté de nombreuses améliorations à la tanière Aisaqvaq, à la suite de l'expérience de l'an dernier : « L'objectif de l'équipe multidisciplinaire du Zoo est clair, nous devons mettre tout en œuvre pour maximiser les chances pour que notre femelle ours blanc devienne mère ourse pour la première fois », mentionne Christine Gagnon, adjointe à la conservation, à la recherche et à l’éducation.
« En raison du réchauffement planétaire, c'est maintenant un fait reconnu par plusieurs spécialistes des ours blancs, l'espèce se trouve confrontée à une sérieuse menace pour sa survie. Afin de contribuer à la préservation de cette espèce et de sensibiliser le public, les zoos de par le monde tentent de les faire reproduire en captivité », ajoute l'adjointe à la conservation, à la recherche et à l’éducation.
Si tout se déroule bien, un ou deux oursons pourraient naître entre novembre et décembre. Ce n'est que plusieurs semaines plus tard, au printemps 2009, que les oursons sortiraient de la tanière. Une dernière expérience qui, espérons-le, aura des suites heureuses.