Petites annonces | Enchères au Québec | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne | Weblocal
L'Étoile du Lac
Concours Classique Golf
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

Entre ciel et terre

Hélène Gagnon par Hélène Gagnon
Voir tous les articles de Hélène Gagnon
Article mis en ligne le 3 octobre 2008 à 8:46
Soyez le premier à commenter cet article
Entre ciel et terre
Au moment où plusieurs églises procèdent à la descente de leurs cloches, d'autres communautés religieuses nous permettent encore d'admirer leur beauté et d'entendre leurs sonorités, chassant ainsi toutes les idées noires qui nous laissent prétendre que la religion chrétienne se porte mal.
L'Ermitage Saint-Antoine de Lac-Bouchette a donné un second souffle de vie au carillon qui ornait le clocher de l'église Saint-Joachim, localisée dans l'arrondissement Chicoutimi, avant sa fermeture. Une fermeture d'église ne signifie pas la fin de la religion chrétienne ou la diminution des pratiques religieuses, simplement que ceux qui prennent les décisions ne sont pas attachés à l'histoire de ces édifices majestueux.

En mai dernier, je rédigeais un commentaire sur la décision de fermer l'église Saint-Jean de Brébeuf. Cinq mois plus tard, et à peine quelques semaines avant que la clé soit mise dans la porte, mon opinion n'a pas changé. Nous mettons aux oubliettes notre histoire et notre culture.

Je comprends la situation actuelle. Les fidèles sont trop peu nombreux pour pouvoir payer les frais annuels d’entretien de leur église (en moyenne 200 000 $ en chauffage, nettoyage, assurances, etc.), sans compter les rénovations qui s’imposent régulièrement.

Plusieurs, j'irais jusqu'à dire que trop, d'églises et de paroisses en viennent à l'obligation de fermer leurs portes. Les chiffres sont tellement élevés que le phénomène prend une dimension catastrophique. On compte au Québec quelque 2000 églises et chapelles catholiques. À peine plus de 100 sont « protégées » par un statut fédéral, provincial ou municipal. Il y a135 paroisses qui ont été supprimées au Québec de 1995 à 2003 et, pendant cette période, 453 églises et chapelles publiques catholiques ont été désaffectées, c'est-à-dire une sur trois. En 2002, 43 des 262 fabriques de paroisses de Québec étaient déficitaires.

Je ne suis pas l'une des plus pratiquantes, et je ne vous cacherai pas, que je n'ai jamais ouvert plus que cinq minutes l'Évangile. Par contre, certaines phrases peuvent nous marquer plus que d'autres. Dans Jean (II, 13-22), il est possible de lire : « Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai. » Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce Temple, et toi, en trois jours tu le relèverais! » Mais le Temple dont il parlait, c'était son corps. »

Par ces paroles, il est facile de saisir que l'église (le Temple) n'est qu'une structure physique et non l'essence de la religion. L'essence de la religion étant ceux qui ont la foi. La fin des églises n'est pas la fin de la religion catholique, mais plutôt la fin d'une partie de l'histoire québécoise.

Que devons-nous faire? Les conserver? Les recycler? Les détruire? Peu importe l'acte qui sera fait, nous devons comprendre qu'il ne justifie en rien le déclin de la religion catholique, car ces gestes ne s'en prennent pas aux croyances profondes. Par contre, il est nécessaire de préserver ces lieux de cultes qui sont des legs historiques, importants pour propager la culture et l'histoire.

Pour l'instant, et ce, un peu partout au Québec, les évêchés et diocèses pratiquent une « politique du secret » sur la fermeture des églises et sur les critères qui mènent à l’abandon de l’une plutôt que d’une autre. C’est ainsi qu’à Québec, lorsqu’il a fallu choisir une église pour cinq paroisses fusionnées, celle de Saint-Fidèle l’a emporté. Elle n'a pas été choisie pour sa beauté ou sa signification historique, mais pour son bon état et son plus gros terrain de stationnement.

Une fois désacralisées et vendues, les anciennes églises sont vouées à toutes sortes d’autres fonctions : musée, salle de concert, immeuble à logements, résidence pour personnes âgées, restaurant, discothèque, centre communautaire ou même centre sportif. Les deuxièmes vocations sont nombreuses… et les succès mitigés, car l’architecture des églises ne se prête pas toujours à la conversion.

Les municipalités et les gouvernements peuvent-ils agir afin de trouver des solutions? Pourquoi ne pas exiger une prise en charge des églises par les municipalités? À ce qu'il paraît, le gouvernement du Québec serait en train d'étudier ce modèle qui s'inspire de l'Europe. Les profits engendrés par la vente de nos églises condamnés au bulldozer servent à payer leur entretien, du moins de celles que nous choisissons de protéger.

C'est l'héritage culturel du Québec qui en prend un coup. Tant qu'à investir des milliards de dollars dans la conservation du patrimoine, il devient nécessaire d'investir dans sa connaissance. Ainsi, peut-être que les croyants cesseront de croire au déclin de la religion.

Vos commentaires

Nom complet:
(requis)


Adresse courriel:


Vos commentaires :
(requis)


Svp inscrire le mot affiché ci-dessus Impossible de lire le mot?

Svp inscrire le mot affiché ci-dessus:


Chez nos voisins