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L'Étoile du Lac
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Apprendre à dire adieu à son église

par Jean-François Bonneau
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Article mis en ligne le 8 décembre 2006 à 15:53
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Apprendre à dire adieu à son église
La population fréquente de moins en moins les églises et donne de moins en moins lors de la capitation. En guise de conséquence, voilà que certains bâtiments doivent fermer pour assurer la mission d'évangélisation, un défi de plus en plus difficile depuis que les cours d'enseignement religieux occupent une place moins importante dans les programmes des écoles du Québec.
Dans la paroisse Notre-Dame-du-Lac, qui regroupe les anciennes paroisses de Saint-Jean-de-Brébeuf, de Notre-Dame et de Sainte-Hedwidge, la question est épineuse. Il existe un attachement profond pour chacun des bâtiments. Dire adieu à un bâtiment religieux, c'est laisser derrière soi une trace de son histoire tout en acceptant que le monde et les temps changent.

Cela dit, voilà que les recommandations du comité paroissial des immeubles, formé au début de l'année, sont dévoilées. Celui-ci a proposé, lors de l'assemblée des paroissiens tenue au Château Roberval, mardi dernier, de retenir l'église Sainte-Hedwidge et l'église Saint-Jean-de-Brébeuf comme lieux de culte. Il a également été recommandé de retenir le presbytère Saint-Jean-de-Brébeuf comme centre administratif et pastoral, de conserver la salle des Œuvres et la salle Notre-Dame et d'aménager la sacristie de l'église Sainte-Hedwidge pour l'équipe de pastorale et l'administration. Tout cela signifie qu'il est recommandé que la fabrique dispose du presbytère de Sainte-Hedwidge, du presbytère Notre-Dame et de l'église Notre-Dame.

Les paroissiens se montrent en accord avec le comité sur plusieurs points. Il y a cependant un point difficile à avaler : la perte possible de l'église Notre-Dame.

La perte d'un tel trio ne pouvait se faire sans vacarme, interrogations et suggestions venant du plus profond du cœur. Au Château Roberval, les journalistes ont compté au moins 600 personnes prêtes à entendre ce que les responsables du comité paroissial des immeubles avaient à dire. Le dossier intéresse grandement.

La plupart des interventions provenant de la foule, pendant la période de questions, revendiquaient le maintien de l'église Notre-Dame.

Les membres du comité paroissial des immeubles avaient pourtant préparé un argumentaire en béton, basé sur sept critères d'évaluation : la fonctionnalité des locaux, leur utilisation, leur localisation, leur coût d'opération, l'état physique des bâtiments, leur état patrimonial et leur reconversion possible. Chacun des membres du comité a tenté d'être le plus objectif possible afin de noter les bâtiments selon une grille d'analyse préétablie. Lorsque les notes ont été regroupés, il suffisait d'additionner les résultats de chacun des membres du comité pour faciliter la décision difficile.

Au lendemain de l'assemblée qui aura duré près de quatre heures, j'ai eu l'occasion de mettre la main sur les pointages du comité. Celui de l'église Saint-Jean-de-Brébeuf s'élève à 2002 points alors que celui de l'église Notre-Dame atteint 1825. L'écart n'est donc pas si élevé. Probablement qu'il aurait été plus facile pour le comité de trancher si l'écart avait été un peu plus grand.

Néanmoins, il demeure que, pour chacun des critères, l'église Saint-Jean-de-Brébeuf a obtenu plus de points que l'église Notre-Dame, sauf en ce qui concerne la reconversion (44 contre 68). Selon le comité, les motifs appuyant la thèse qu'il faut choisir l'église Saint-Jean-de-Brébeuf sont nombreux. D'abord, cette église compte 600 places pour le moment, ce qui semble répondre aux besoins actuels et futurs compte tenu que la population est vieillissante et à la baisse. Cette église, a-t-on affirmé, est plus petite, ce qui permet de créer une meilleure ambiance pour le recueillement, la prière et l'intériorité. Elle est bien entretenue, belle et propre et il n'y a pas de rénovation majeure à effectuer pour les prochaines années. Il y a un avantage pour le personnel à regrouper ensemble l'église Saint-Jean-de-Brébeuf, le presbytère Saint-Jean-de-Brébeuf, la salle des Œuvres et le sous-sol de l'église Saint-Jean. La proximité des lieux aide. La reconversion est plus facile, a affirmé le comité, avec l'église Notre-Dame. Il existe également une proximité avec les autres membres de l'unité pastorale et il y a possibilité de subvention avec cette église contrairement à l'église Notre-Dame.

La période de consultation étant désormais passée, nous savons que 60% des paroissiens qui se sont prévalus de leur droit de vote ne sont pas en accord avec l'éventualité que la fabrique dispose de l'église Notre-Dame. Rien pour aider le comité qui entend étudier les résultats de la consultation avant de rendre une recommandation plus formelle à l'évêque. Le plus étrange, c'est qu'avec ces résultats, on peut revenir encore à la question qui nous titille depuis des lunes : quelle église fermera ?

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