David Goudreault : le slameur charmant charmé


Publié le 27 janvier 2017

David Goudreault a pour mission de démontrer qu’à travers le slam la poésie est toujours actuelle.

©TC Media - Hélène Gagnon

POÉSIE. David Goudreault n’avait jamais mis les pieds au Saguenay-Lac-Saint-Jean. En 4 jours, il aura offert 13 ateliers, 5 conférences et 3 représentations. On peut dire que le slameur natif de Trois-Rivières avait plusieurs rendez-vous à rattraper avec la région.

L’artiste multidisciplinaire présente la poésie comme un moyen d’expression ludique. Rencontré alors qu’il venait d’offrir un atelier traitant du slam de poésie à des jeunes élèves âgés d’une dizaine d’années, David Goudreault se promène aujourd’hui à travers le Québec afin de démystifier le slam.

« La poésie, c’est dire autrement les choses, et ce, que le message soit beau ou mauvais. La poésie fait partie de notre vie beaucoup plus qu’on le croit. Parfois, il faut juste simplifier les choses. De mon côté, je rencontre 550 jeunes dans la région cette semaine. Je viens semer une graine. Ces jeunes ne deviendront pas tous des slameurs. Par contre, si on peut élargir leur manière de percevoir et de faire de la poésie, je pense que mon message aura passé », souligne le premier québécois à remporter la Coupe du monde de slam poésie.

David Goudreault vagabonde à travers la province avec le but ultime de démontrer que la poésie peut être trippante. Un simple rire, une main levée, un sourire, des yeux allumés, il ne faut rien de plus au slameur pour lui confirmer qu’une graine a été semée.

« Les conférences et les ateliers sont beaucoup plus importants que les spectacles pour moi. Je porte plusieurs chapeaux comme chroniqueur, romancier et slameur. Le côté pédagogique, transmettre ma passion, c’est ce qui a le plus de sens. Ce sur quoi j’ai le moins de doutes. Pour certains, c’est une porte qui s’ouvre sur un monde de créativité. Ils voient que la poésie peut être actuelle. On mise beaucoup sur le sport dans les écoles, mais il y a de jeunes intellects qui ont également le besoin de s’émanciper. Ce contact, je le trouve vraiment précieux », souligne-t-il.

Poésie vivante

C'est à l’adolescence que David Goudreault a découvert un intérêt pour la poésie. C’est l’une des raisons qui fait que le slameur aime aller à la rencontre de jeunes âgés de 10 et 13 ans, encore bercés par l’imaginaire. Pour lui, c’est une manière d’assurer l’avenir de la poésie québécoise.

« Au Québec, nous avons deux richesses; l’hydroélectricité et la poésie. Nous avons d’immenses poètes. La poésie est bien vivante au Québec, mais on l’ignore, car les médias n’en parlent pas, car ils sont pris avec le préjugé que la poésie, c’est plate. Alors ils parlent des humoristes et des derniers films sortis au cinéma. Une manière de préparer le terrain pour l’avenir, c’est d’aller dans les écoles primaires et secondaires pour parler de poésie avec les jeunes », explique David.

Ces rencontres, bien que très rapides, réservent parfois de belles surprises au slameur. À la suite d’un atelier réalisé mercredi à Alma, un jeune garçon a communiqué en soirée par courriel avec David afin de lui faire lire et lui demander ses impressions sur son premier essai poétique.

« C’est le genre de chose qui m’allume et qui m’incite à poursuivre. Actuellement, le champion de slam québécois, qui ira représenter le Québec à Paris lors de la prochaine Coupe de monde est un jeune à qui j’ai donné un atelier, il y a quatre ans. Il a embarqué dans ça et voilà qu’aujourd’hui, il vit quelque chose de trippant et d’enrichissant. Pour moi, c’est énergisant », conclut David Goudreault.

Lors de son bref passage, David Goudreault aura tout de même pris goût à la région, car il sera de retour en avril afin de présenter son troisième roman.