Une vie de création pour Jano Bergeron


Publié le 16 février 2017

Jano Bergeron.

©TC Media - Hélène Gagnon

ROMAN. Artiste québécoise bien connue, Jano Bergeron a publié dernièrement son premier roman « La voix du silence ». Malgré une santé fragile, elle s’offre la vie dont elle a toujours rêvé. Une vie basée sur la communication, la liberté créative et l’amour du public.

« De pouvoir enfin créer librement, c’est l’une des choses que je souhaitais. J’ai l’impression que le public me découvre vraiment aujourd’hui. Je ne voulais pas être juste une vedette. Je voulais être une artiste marginale et ne pas faire comme tout le monde. Ma vie de romancière peut m’apporter dans plusieurs directions. Je peux enfin donner libre cours à mes ambitions », souligne la romancière.

La maladie limite Jano Bergeron. Cette dernière passe donc par le biais des médias sociaux afin de libérer sa créativité, mais également afin de rester en contact avec son public.

« Comme je ne peux pas sortir voir les gens. Qu’il m’est impossible de faire des conférences. Refaire un lancement. Je n’ai pas la santé pour me permettre autant d’événements. Je dois m’écouter. Alors je rejoins les gens autrement. Je trouve qu’Internet c’est une belle plate-forme pour créer des échanges. Je fais des petits vidéos en direct. Je libère ma créativité. Parfois, j’use de philosophie, et parfois je fais dans l’humour », mentionne Mme Bergeron.

Jano Bergeron se laisse bercer au rythme de sa créativité. L’auteure n’a plus envie de se sentir prise au piège.

« Je n’ai plus de soucis extérieurs. De me lever le matin pour aller travailler. De vivre avec un stress constant. Ma vie se résume à m’occuper de ma santé en plein temps. Alors ce que je fais, je le fais pour me sentir bien. La créativité est mon remède. Le fait d’avoir plein de projets créatifs, comble les nuits blanches causé par la douleur. J’ai peut-être une santé fragile, mais je suis doté d’un imaginaire sans fin. L’écriture pour moi, c’est une question de survie », affirme-t-elle.

Jano Bergeron est aujourd’hui habité par une âme d’enfant. L’artiste confirme que cette dernière a le droit de vivre, car elle a été longuement étouffée.

« Durant ma carrière de chanteuse, je ne pouvais pas recourir à toute cette liberté. Nous avons souvent des barrières. On se voit rapidement limité à quelques couplets et un refrain. Cela bien souvent me frustrait. Je voulais toujours aller plus loin, mais on me ramenait toujours à cette base. Je crois bien que l’écriture était mon premier désir. J’ai vécu avec des restrictions et la censure. Dans l’écriture d’un roman cette limitation, elle n’est pas là. J’ai le sentiment que je peux tout faire et cela ma maison d’édition me le fait sentir. Je peux m’accomplir » explique Mme Bergeron.

Rythme

Son dernier roman, « La voix du silence » est un ouvrage très rythmé. Une péripétie n’attend pas l’autre. Jano voulait garder le lecteur assis sur le bout de sa chaise du début à la fin.

« C’est un peu ma signature ce rythme. J’amène mon lecteur dans plusieurs directions. Je ne me fixe pas à un univers. Je choisis des thèmes tabous. Dans le cas présent j’aborde la maladie mentale. Dans le prochain, je compte parler de la laideur, de la prostitution, etc. Je crois qu’il faut aller loin. Je ne nuance pas. Si j’écris sur la folie, j’amène la folie à son extrême. Je pense que cette cadence va faire ma signature », souligne-t-elle.

Déjà un prochain scénario de roman s’écrit dans la tête de Jano Bergeron, mais l’écriture n’est pas commencée. Entre temps, elle nourrit sa communauté sur sa page Facebook et son site jano.biz de mille et une nouvelles et capsules.