Jouliks : une pièce parfaite pour le Mic-Mac


Publié le 31 mars 2017

Théâtre Mic-Mac

©TC Media - Hélène Gagnon

THÉÂTRE. Le théâtre Mic-Mac a décidé de mettre en scène pour sa 68e production le texte Jouliks de Marie-Christine Lê-Huu. Un texte dans lequel les mots sont durs et les silences sont lourds. Une pièce dans laquelle le beau est laid et le laid est beau.

Dans Jouliks tout tourne autour des apparences. Quelle image souhaitons-nous projeter? Quelle image voulons-nous cacher? C’est à travers les mots de « la petite » interprétée par Élise Hudon-Thibeault que les silences sont brisés.

Tout tourne autour de cette comédienne qui campe son personnage de 7 ans avec toute l’insouciance de l’enfant, mais également avec fougue. Comme si elle souhaitait assurer sa survie dans un monde hostile.

Cette animosité, on la sent dès qu’on prend place dans notre siège. La résonnance des harmonicas, le bruit des gouttes d’eau et les charpentes des murs, il n’en faut pas plus pour camper l’univers.

Théâtre Mic-Mac
TC Media - Hélène Gagnon

Une scénographie modeste, un peu d’innovation et voilà que la scène évolue. Le décor valse au rythme des émotions : la colère, la tristesse, l’amour, la peur, la solitude, le désarroi, la tendresse et j’en passe.

Des émotions bien présentes, bien vivantes grâce à la prestation des comédiens. Véra interprétée par Mélanie Tremblay est parfaitement jouée. Dans ses mouvements, dans ses déplacements, on sent son mal de vivre. Un mal silencieux, mais tellement douloureux. Elle semble vouloir se fondre dans le décor. Elle souhaite disparaître sachant ce que l’arrivée de « La Mé » et du « Papé » bouleverseront la vie qu’elle s’est donnée. Des personnages aux antipodes.

« La Mé » interprétée par Ursule Garneau qui cumule les répliques pour ne pas affronter la réalité. Le « Papé », personnifié par Gervais Arcand, a comme réplique la plus courante un léger ricanement. Une belle manière de faire comprendre aux spectateurs que parfois bien des mots peuvent être vides de sens et que les silences peuvent quant à eux tout dire.

Le Mic-Mac a bien misé avec Jouliks, cette pièce colle parfaitement à la peau de la troupe. Quelques répliques permettent d’obtenir de la part des spectateurs quelques rires timides. Il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’une pièce grand public.

La pièce sera présentée jusqu’au 29 avril prochain à la salle Lionel-Villeneuve.

Théâtre Mic-Mac

©TC Media - Hélène Gagnon