Hélène essaie de cuisiner des beignes

Hélène Gagnon helene.gagnon@tc.tc
Publié le 26 décembre 2016

Les premiers beignets de notre journaliste.

©TC Media - Hélène Gagnon

CHRONIQUE. Ma dernière chronique sur la transmission des connaissances m’a quelque peu ébranlée. Je me suis rendu compte que si je ne voulais pas mettre fin à ce qui a bercé mon enfance, je devais trouver une personne pour m’apprendre, et ce, en commençant par les beignes.

J’ai donc communiqué avec mon ancienne directrice du primaire et amie, Constance, afin de savoir si elle était disponible pour m’apprendre. La tradition culinaire familiale est de moins en moins présente au Québec. Je n’ai pas les recettes de ma mère et de ma grand-mère, alors si je veux apprendre, qu’est-ce que je fais?

Dans ce cas-ci, j’ai frappé à la porte d’une personne de mon entourage qui a répondu avec plaisir à ma demande. Pour moi, c’est un véritable cadeau de Noël. Un geste d’une grande générosité. J’ai donc pu réaliser mes premiers beignes à vie et je ne veux pas me vanter, mais ils étaient parfaits : légers, croustillants et sucrés.

Mettre la main à la pâte

J’ai tous fait de A à Z. Constance m’assistait afin de me donner quelques trucs et conseils. Sa cuisine était mienne. Faire la pâte est certainement l’étape la plus physique. J’ai tenu le mélangeur à main pendant environ 15 minutes afin de faire blanchir le mélange d’œufs et de sucre. Ensuite, j’ai incorporé la farine avec une cuillère de bois. J’ai dû prendre quelques pauses.

Les beignes, c’est presque de la science. Les ingrédients étaient tous mesurés, à l’exception de la farine. C’est à l’œil qu’on détermine si la pâte a la bonne consistance au fur et à mesure que nous versons la farine. Si on met trop de farine, on va avoir des beignes denses et moins légers.

On doit à peine travailler la pâte. Elle doit garder sa texture collante, comparativement à une pâte à biscuits. On doit à peine rouler la pâte. C’est très technique faire des beignes, mais ce n’est pas difficile. Il faut penser à fariner l’emporte-pièce et s’assurer que la température de l’huile soit au maximum. Ce sont de petites choses bien simples, mais il faut absolument quelqu’un pour nous guider.

J’ai beau avoir tout fait ça moi-même, je sais que sans les conseils de Constance, je n’aurais pas eu un si beau et surtout délicieux résultat.

Générosité

J’étais vraiment heureuse de voir ma première fournée de beignes à vie. Mon après-midi d’apprentissage m’a permis de repartir chez moi avec 33 beignes, 33 trous de beignes, ainsi que toutes les retailles que nous avons également faites cuire au lieu de travailler la pâte une seconde fois. Mes enfants ont raffolé de ces beignets difformes trempés dans le sirop d’érable.

À la place de les garder pour ma famille uniquement, j’en ai offert également à tous mes collègues de travail, lors de notre dîner de Noël. J’ai même apporté le sucre en poudre. C’est une chaîne de bonheur en quelque sorte.

La recette de beignes de Constance lui a été transmise par sa belle-mère. À l’aube de 2017, cette recette vient de passer entre les mains d’une autre génération, d’une autre famille. Je crois bien que cette tradition va se poursuivre, car avec les beaux commentaires de mes enfants et des collègues, je vais devoir en refaire très bientôt.