Festival d'hiver : entrevue avec des artisans de l'ombre


Publié le 7 mars 2017

Claude Tremblay, bénévole de la première heure.

©TC Media - Jean-Paul Asselin

SNOCROSS. Lors de notre passage au Village sur Glace de Roberval, le samedi 4 mars, nous en avons profité pour nous attarder derrière la façade des courses, en compagnie de passionnés qui travaillent dans l’ombre d’une compétition de motoneige.

Notre premier arrêt fut près d’un mécanicien d’expérience. Ce dernier, malgré le vent et le froid intense, s’affairait à changer une courroie d’embrayage, mains nues.

« Nous gardons tous nos secrets servant à rendre notre machine plus performante que celle des compétiteurs. Essai, essai et essai font partie de notre travail. Nous sommes les penseurs alors que les conducteurs sont les exécutants. Lorsque le coureur revient de la piste, il doit toujours faire un rapport détaillé de ce qu’il a ressenti lors de la conduite et surtout de ce qui ne lui a pas plu afin que l’on trouve une solution. Essai, essai et succès est notre mot d’ordre, » a mentionné Serge Asselin, mécanicien depuis plus de 25 ans pour l’équipe Asselin Racing regroupant plusieurs coureurs.

L’amour des compétitions lui vient de son tout jeune âge alors que son père Léo, vendeur automobile, a été l’un des premiers à tracer le parcours du Rallye de Chibougamau, rallye qu’il a lui-même complété en 1973. « Il nous faut travailler dans des conditions parfois difficiles et très rapidement. Je me souviens que nous avons remonté un moteur en 32 minutes à quatre mécaniciens alors que la compagnie  allouait six heures pour le faire. Chacun savait quoi faire et comment le faire, dans un silence complet. Ce fut un réel succès. Il nous faut voir chacune des petites choses rapportées par le coureur et qui peuvent augmenter la performance du bolide. Entretien, réparation, vérification sont partie intégrante de notre travail, que ce soit de jour ou de nuit. Lorsque le coureur démarre sa machine, il se doit d’être en confiance et c’est notre rôle principal », de nous avouer Serge.

Lorsque questionné sur l’évolution des machines d’hier à aujourd’hui, un large sourire est apparu. Autrefois, on s’acharnait sur les suspensions. Ce n’est plus le cas aujourd’hui et pour déterminer de gros problèmes à solutionner, il faut chercher dans l’historique d’une machine.

Mécanicien à l’œuvre, mains nues malgré le froid.

©TC Media - Jean-Paul Asselin

Le responsable de la piste, un œil sur tout

Un autre mordu, pour ne pas utiliser le terme maniaque, Claude Tremblay, est impliqué avec la motoneige et son entourage depuis 27 ans. Il a été de la toute première expédition Harricana.

« J’aime la motoneige; les courses, c’est ma passion et celle de toute l’équipe de bénévoles que je dirige. J’ai été président du Festival pendant six ans et depuis, je continue à m’impliquer en surveillant la qualité de la glace et en l’améliorant afin de faciliter les courses. Je suis un adepte de la motoneige surtout hors sentier. J’éprouve la satisfaction du devoir accompli et je suis fier de pouvoir mener à bonne fin les travaux demandés », affirme-t-il.

Et d’ajouter : « Lorsque des compétiteurs viennent des États-Unis, de l’Ontario ou d’ailleurs et nous complimentent sur la qualité de nos installations, principalement le circuit sur lequel ils évoluent, c’est notre récompense et notre adrénaline nous permettant de continuer année après année. »