Une perception différente de la profession à leur retour

Une perception différente de la profession à leur retour

La cohorte avait établi son campement sur le toit du dispensaire.

VOYAGE. Des étudiants en soins infirmiers du Cégep de Saint-Félicien ont vécu une expérience de travail fort enrichissante. Ils se sont envolés pour le Sénégal afin de participer à un stage humanitaire au dispensaire de Thiaré.

Depuis un an, le petit groupe composé de sept étudiants et supervisé par deux enseignantes se préparaient à vivre cette aventure. Alors qu’ils s’attendaient au pire, ils ont vécu l’une des expériences les plus enrichissantes de leur vie.

« L’organisme qui chapeautait notre voyage nous avait préparés au pire. La nourriture était bien, même notre milieu de vie était correct. On s’attendait à vivre dans la pauvreté, mais nous avions une toilette et une douche à notre disposition. On s’attendait tellement à être dépaysé qu’on a été presque déçu d’avoir autant de commodités. Je pense que cela a fait en sorte que tout se passe bien là-bas. Par contre, c’est au retour que nous assimilons des choses que nous avons vues », mentionne Johany Marceau.

Vouloir en faire plus

Le travail du groupe d’étudiants consistait à évaluer des cas et fournir des diagnostics.

Le groupe n’a pas fait beaucoup de pratique. Comme il faisait chaud dans l’après-midi, ceux-ci ne travaillaient pas, ni le dimanche. Ils ont fait beaucoup de prévention dans les écoles et les localités.

« Nous n’avons pas fait tant de clinique, mais côté humanitaire, je pense que nous avons bien rempli notre mission. Nous avons fait de l’enseignement dans les écoles. Nous avions apporté beaucoup de matériel scolaire, de matériel médical, des médicaments et de sous afin de permettre l’achat de médicaments. Cet apport est très important pour les communautés », explique Audrey-Ann Bouchard.

Un apport important

L’un des éléments les plus difficiles à gérer pour le groupe a été l’importance de leur présence aux yeux des résidents.

« Ils voulaient nous toucher, nous parler. Parfois, on se sentait vénérer. À leurs yeux, nous avions la solution à leurs problèmes. Pourtant, ils sont tellement brillants. Ça m’a jeté par terre de voir à quel point la profession infirmière est haut placée. C’est incroyable toutes les connaissances qu’ils détiennent. Alors que je pensais leur apprendre des choses, eh bien, je me suis un peu sentie ignorante », relate Audrey-Ann Bouchard

Autonomie

Cette expérience a fait en sorte que les étudiants ont réfléchi à leur place dans la pratique. Devant tant de reconnaissance, certains aujourd’hui aspirent à s’engager afin de faire avancer la profession infirmière au Québec.

« Notre profession est tellement importante là-bas, que je souhaite m’impliquer dans des projets ici. Je veux que notre profession évolue. Je veux qu’on ait plus de droits. Je veux m’engager plus tard pour faire en sorte que nous ayons notre autonomie. Je me rends compte que nous sommes capables de poser certaines actions. On peut faire beaucoup plus que ce à quoi nous aspirons », ajoute la jeune femme.

Ses collègues abondent dans le même sens.

« C’est presque frustrant de voir tout ce que font les infirmiers. On ne veut pas critiquer le système, mais le fait d’en être conscients nous permet de pouvoir espérer que la profession évolue et qu’elle soit beaucoup plus valorisée », explique Mathieu Larouche.

Le groupe a eu la piqûre et certains espèrent avoir la chance de revivre une expérience de la sorte afin d’apporter leur connaissance, mais surtout leur aide.