Des vestiges vieux de 3 500 ans

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Par Yohann Harvey Simard
Des vestiges vieux de 3 500 ans
L’équipe d’archéologues de la Société d’histoire et d’archéologie de Mashteuiatsh est impatiente de reprendre les fouilles. (Photo : courtoisie)

Mashteuiatsh – Les fragments d’un foyer de combustion datant d’il y a plus de 3 500 ans ont été découverts à l’été 2020 lors de fouilles archéologiques sous les fondations de l’ancienne épicerie Axep de Mashteuiatsh.

« On a pris deux échantillons de charbon qu’on a fait dater au carbone-14 (C-14) et ils ont tous les deux indiqué que le site remontait à au moins 3600 ans », précise l’archéologue Émilie Plourde.

Cette dernière peut maintenant l’affirmer : bien longtemps avant notre ère, la vie humaine fleurissait sur les berges du lac Saint-Jean. « Je m’en doutais, mais maintenant c’est clair! », lance-t-elle avec enthousiasme.

Loin d’être anodine, cette trouvaille qualifiée « d’exceptionnelle » expose au grand jour tout un pan de l’histoire des Premières Nations.

« Les matières premières qui ont été retrouvées dans la matrice et aux alentours témoignent du mode de vie nomade caractéristique de cette époque-là. »

De nombreux artéfacts (outils, roches concassées, pointes de projectiles) dont les matières premières correspondent à la période archaïque ont aussi été trouvés sur les lieux.

Au premier plan se trouve le foyer de combustion le plus ancien et en arrière-plan le plus récent. La préservation du site est jugée remarquable.

Un passé dynamique

À une moindre profondeur, un autre foyer de combustion datant lui d’environ 745 ans (période sylvicole) avait aussi été découvert lors des fouilles de 2020.

« Je le trouve super intéressant. Il y a plusieurs éléments qui montrent qu’il a été utilisé à plusieurs reprises sur une période de 400 ans. »

Les archéologues ont même pu mettre la main sur des ossements animaux remarquablement conservés, un phénomène rare, selon Noémie Plourde.

« Ce qui est arrivé, c’est qu’à l’époque des postes de traite, ils ont répandu de la chaux. Alors au lieu de rester très acide, le sol est devenu basique, ce qui a gardé les os intacts. »

Selon Noémie Plourde, la non-altération du site en fait un véritable « trésor » d’un point de vue archéologique.

Les fouilles se poursuivent

Grâce au financement qu’elle a obtenu, la Société d’histoire et d’archéologie

de Mashteuiatsh pourra poursuivre ses recherches cet été.

Une nouvelle dont se réjouit l’archéologue, qui se dit d’ailleurs très optimiste pour la suite des choses.

« Là je vise une découverte vieille de 6 000 ans! »

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