Endettement étudiant : le nombre de faillites explose au Québec

Endettement étudiant : le nombre de faillites explose au Québec

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Les étudiants au cégep et à l’université au Québec ont emprunté en un an plus de 481M$ du gouvernement et ont obtenu près du double en bourse, révèlent les plus récentes données du ministère de l’Éducation du Loisir et du Sport (MELS) obtenues par TC Media. Le Saguenay—Lac-Saint-Jean se situe dans la moyenne nationale qui est de 2518 $ en 2010 au Québec, alors qu’elle est de 2630 $ dans la région.

Élément plus préoccupant, les prêts étudiants et autres dettes contractées auprès d’institutions financières ou cartes de crédit finissent par peser lourd sur le budget et sont parfois… fatals. Selon le MELS, le nombre de faillites chez les étudiants emprunteurs auprès de l’État est passé de 1241 à 1863 entre 2006-2007 et 2009-2010, soit une hausse de 50 %.

À noter que le délai après lequel les étudiants peuvent être libérés de leurs créances concernant les prêts est passé, en 2010, de dix à sept ans, ce qui a possiblement contribué à faire augmenter le nombre de faillites.

Une année d’étude à l’université au Québec coûte en moyenne un peu plus de 12 000 $, selon le ministère de l’Éducation. Et les frais liés précisément à l’éducation ne représentent pas la part du lion. Les frais de subsistance, comme le logement et le transport, représentent près de la moitié du budget.

L’étudiant québécois moyen dépense environ 1 120 $ pour les frais d’adhésion à sa session universitaire, le reste se divisant parmi les éléments suivants : les frais généraux, les frais technologiques et les services à la vie étudiante, par exemple une cotisation pour les équipes sportives de l’institution.

Selon le dernier relevé du MELS pour 2010-2011, les frais scolaires et les frais de subsistance représentent ensemble 87 % de toutes les sorties d’argent. En effet, il coûte 2171,62 $ aux étudiants en frais scolaires et 5 250 $ en frais de logement, transports et autres.

Le matériel scolaire coûte en moyenne 545 $ par année et 1849,20 $ sont dédiés aux frais de garde pour enfants, qui visent pas moins d’un étudiant à l’université sur six au Québec. Enfin, les frais d’inscription représentent 2 197,88 $ pour un total de 12 014 $ pour une année d’étude à l’université.

Conscient que les dépenses de subsistance mettent de la pression sur le budget des étudiants les plus pauvres, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et des Technologies, Pierre Duchesne fait valoir que des sommes supplémentaires sont octroyées et que d’autres avenues de financement sont envisagées.

Pour sa part, Fabien Major, expert en finances personnelles, s’étonne de voir un aussi haut taux de faillites.

«C’est inquiétant et très décevant. Ça part mal dans la vie quand tu commences comme ça. En même temps, de nos jours, le crédit est tellement facile à obtenir. C’est pourquoi il est plus important que jamais de créer des bases pour l’éducation au budget, car il ne faut pas oublier que faire faillite, ça hypothèque l’avenir pendant environ 10 ans. Ça m’inquiète, car on manque énormément d’éducation financière. »

La Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec ainsi que la Fédération des cégeps du Québec n’ont pas souhaité commenter les résultats de ce reportage.

Pour voir le tableau détaillé, cliquez ici.

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