Ferme 3J un modèle à suivre

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Par Louis Potvin
Ferme 3J un modèle à suivre

<![CDATA[La Ferme 3J de Saint-Félicien démontre qu’il est possible de faire de l’agriculture à échelle humaine et de bien en vivre, tout en assurant une relève. Un modèle qui devrait inspirer d’autres agriculteurs ?
« Nous, c’est la recette que nous avons développée. C’est la diversification et l’approche de développement durable qui nous permet bien vivre de notre passion et de travailler avec nos enfants », lance Lise Bradette, l’une des propriétaires.
L’entreprise démontre qu’il est possible d’offrir de l’emploi à dix personnes tout en ne disposant que d’un quota de lait de 37 kilos et 110 têtes.
« Si nous étions une ferme conventionnelle, ça prendrait au moins 150 kilos pour réussir à la faire vivre », lance Julien Morency, l’un des trois fils qui assurent la relève.

Lise Bradette croit que l’avenir de l’agriculture passe par des fermes à échelle humaine.

Il y a 15 ans, Lise Bradette et Régis Morency ont décidé de prendre un virage, de se lancer dans la fabrication de fromage et de diversifier le plus possible la production afin d’assurer la pérennité de l’entreprise.
« Ça permettait de jeter les bases de notre volonté d’assurer la relève, ce que nous avons amorcé en 2010. Nos enfants se sont intégrés en s’assurant qu’ils aient le goût de continuer et qu’ils travaillent avec passion dans l’entreprise », mentionne Lise
Diversification
Au fil des ans, la Ferme 3J et la Fromagerie au Pays-des-bleuets sont devenues un incontournable. Au lieu d’essayer de vendre sa production un peu partout sur les marchés, l’entreprise réussit à faire déplacer les gens au rang Simple de Saint-Félicien pour acheter le fromage, lait entier, viande ou confiture.
« C’est le secret! Les gens ne repartent pas qu’avec du fromage. Ils goutent à notre viande et l’aiment. Ils en parlent à d’autres. Ça fait boule de neige », affirme Jonathan.
C’est donc 75% de la production de fromage qui est vendue à la ferme.
Comme Jonathan est boucher, il débite les bœufs et vaches pour vendre la viande à la ferme. L’entreprise ne recevrait à peu près rien si les bêtes étaient vendues sur les marchés conventionnels.
« On essaye de tout transformer ici. Aussi, de plus en plus de gens, surtout les jeunes, sont conscients de l’importance d’acheter local et des produits de qualité », souligne Julien.
En plus de la culture fourragère et céréalière, l’entreprise dispose de bleuetières et de lots boisés pour accroitre les revenus. Elle effectue aussi du déneigement.
La Ferme 3J a su diversifier ses activités en vendant du lait entier, de la viande ou de la confiture à son comptoir à la ferme.

Miser sur la qualité de vie.
En 2014, l’entreprise a investi 1 M$ pour l’agrandissement de la ferme et l’ajout d’un robot de traite.
« Pour sauver notre agriculture et éviter la détresse, il faut que les conditions s’améliorent. Donc, on a plus besoin de se lever très tôt pour traire les vaches ou plus tard sur l’heure du souper. Tout le monde a des vacances. C’est très important pour la vie de famille. Il faut que le modèle change aussi pour que le métier soit plus facile », estime Lise Bradette.
 

Vers le bio et plus de fromage

La ferme 3J va investir pour accroitre sa production de fromage et a enclenché un processus de certification biologique.
« Pour ce qui est du végétal, nous avons la certification biologique. Pour ce qui est du volet animal et du lait, nous sommes dans le processus, mais ça implique des investissements et une réorganisation pour le troupeau », explique Julien Morency.
Comme produire biologique coûte plus cher et que le prix du lait est plus élevé, l’entreprise ne veut pas que ça se reflète sur le prix du fromage.

L’entreprise va investir afin de pouvoir fabriquer plus de fromage. (Photo Trium Médias – Louis Potvin)

« C’est le défi que l’on veut se donner. Les gens ont une capacité de payer et on veut maintenir un prix concurrentiel. Le biologique, c’est logique pour nous. C’est dans nos valeurs et dans la continuité de ce que nous avons amorcé. On n’a pas la certification pour le lait, mais ça s’en vient », ajoute Lise Bradette.
Comme le fromage se vend très bien, l’entreprise veut investir pour accroitre la capacité de production de 50 000 litres. Actuellement, elle transforme 200 000 litres par année.
Produits européens
L’accord de libre-échange avec l’Europe n’a pas eu de répercussions sur la vente de fromages fins, même si le marché est plus ouvert aux produits européens.
« Comme nous misons sur le marché local, ça ne nous a pas touchés. C’est environ 10% de notre production qui sort de la région et les fromages fins vendus à travers le Québec avec nos partenaires se vendent toujours aussi bien. Il faut continuer à se démarquer et à offrir de la qualité et les amateurs seront toujours au rendez-vous. »
C’est justement pour produire plus de fromage fin que l’investissement est envisagé.  La fromagerie ne réussit pas à répondre à la demande. Le cheddar frais est aussi très populaire.
L’investissement nécessaire pour réaliser les travaux n’est pas connu pour l’instant.
La vente de fromage fin n’a pas été affectée par l’accord de libre-échange avec l’Europe qui a ouvert le marché aux fromages européens. (Photo Trium Médias – Louis Potvin)
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