Forêt de proximité : un projet plein de promesses et d'embûches selon Luc Bouthillier

Photo de sergetremblay
Par sergetremblay

<![CDATA[

Pour Luc Bouthillier, professeur titulaire en technique forestière à l’Université Laval, le projet de forêt de proximité inclus à la politique du nouveau régime forestier comprend son lot d’avantages et d’inconvénients pour les communautés locales.

« Pour moi, la grande force du projet de forêt de proximité, c’est la décentralisation vers les municipalités, les MRC et les conseils de bande. Il y a une très grande importance à intégrer les valeurs, les besoins et les préoccupations des communautés forestières au développement de ce type d’exploitation », a déclaré d’entrée de jeu Luc Bouthillier à l’occasion d’une visite au Lac-Saint-Jean.

Cependant, le professeur Bouthillier a précisé que pour que cette décentralisation des pouvoirs soit réussie, plusieurs conditions s’imposent. « Il faut que les communautés locales possèdent la capacité en terme de travailleurs et de compétence pour pratiquer cette exploitation. Il faut des incitatifs financiers via des transferts fiscaux et il faut un intérêt des leaders locaux », a-t-il rappelé.

C’est à ce niveau que plusieurs difficultés s’imposent, notamment du côté de la fiscalité. « Présentement, on entend déléguer des pouvoirs aux autorités locales, mais la politique ne prévoit pas les transferts fiscaux qui doivent absolument être inclus avec ces pouvoirs. Développer des programmes de formation, se créer une expertise, reboiser, ce n’est pas gratuit », a expliqué Luc Bouthillier.

Ce dernier devait par ailleurs souligner que le territoire forestier défini comme forêt de proximité dans la politique du ministère représente environ 300 000 hectares et n’est pas toujours en bon état. « Cette forêt est plus souvent qu’autrement à reconstruire, et encore une fois, ce n’est pas gratuit », a-t-il martelé.

« À court terme, je ne crois pas qu’il y ait de l’argent à faire avec la forêt de proximité. Sauf exception, une entreprise commerciale rentable en 2-3 ans, je n’y crois pas. À court terme, on ne peut que se faire la main et se créer une expertise », a poursuivi le professeur Bouthillier.

Malgré ces constats qui laissent entrevoir de nombreuses difficultés, Luc Bouthillier croit que la forêt de proximité est la voie à suivre. « Le développement de la forêt de proximité va coûter cher en temps et en patience, mais son succès se répercutera dans l’ensemble des communautés. Si on parvient à s’ajuster aux embûches, on pourra profiter de la juste valeur de la forêt québécoise », a-t-il soutenu.

]]>

Partager cet article