La Ferblanterie 5-Mars a manqué de frigoristes

Denis Hudon
La Ferblanterie 5-Mars a manqué de frigoristes

La Ferblanterie 5-Mars/Climat-Lac de Roberval n’a eu d’autre choix que de regarder passer le train lors de la déferlante de demandes pour des thermopompes qui a fait rage l’été dernier. Et c’est bien à contrecœur. Une pénurie de frigoristes en est la cause principale.

« J’ai vendu et installé, je dirais, autour d’une vingtaine de thermopompes quand même, mais j’aurais pu en vendre beaucoup plus, au moins une centaine. La demande était là, mais j’ai manqué cruellement de frigoristes », lâche Jacques Cinq-Mars, propriétaire de l’entreprise.

De trois frigoristes que comptait l’entreprise, elle a perdu presque coup sur coup deux d’entre eux : un départ vers une grande entreprise et une retraite.

« Je me retrouve avec un seul frigoriste aujourd’hui et ce n’est pas faute de chercher. Cette main-d’œuvre qualifiée est très difficile à recruter », admet Jacques Cinq-Mars.

À l’inverse, l’entreprise robervaloise n’a pas chômé pour autant en concentrant ses énergies à l’entretien des divers équipements et appareils de ses clients.

La ventilation à la rescousse

La ferblanterie robervaloise a quand même profité de l’été exceptionnellement chaud alors que la demande pour des appareils de ventilation a été très forte.

« Le domaine de la ventilation a été excellent. J’ai augmenté mes ventes dans les échangeurs d’air de plus de 20 %. Avec nos autres départements, on est pas mal occupés ».

La Ferblanterie 5-Mars peut heureusement miser sur la diversité de ses champs de compétences. Elle réussit à tirer son épingle du jeu, même en période de pandémie, grâce à ses spécialités dans la transformation des métaux en feuilles, la fabrication de conduits de ventilation, de pièces diverses, de moulures et la réparation d’unités de réfrigération.

Jacques Cinq-Mars constate que beaucoup plus de gens rénovent chez soi en raison de la pandémie.

Il n’en demeure pas moins que le manque d’une main-d’œuvre spécialisée préoccupe, comme bien d’autres, Jacques Cinq-Mars.

Si 2020 est une année exceptionnelle dans le domaine de la thermopompe, Kevin Girard, président de Chauffage Yves Gagné, estime qu’il s’agit d’une hausse artificielle qui ne durera pas. (Photo courtoisie)

Du jamais vu chez Chauffage Yves Gagné

Les thermopompes n’auront jamais été aussi populaires que cette année, dans la vente comme dans l’installation. Chez Chauffage Yves Gagné à Dolbeau-Mistassini, on n’a jamais vu une croissance aussi fulgurante en la matière.

L’entreprise dit enregistrer une augmentation de près de 300 %, en installant environ 500 thermopompes pour la période de mars à août. La moyenne annuelle normale chez Chauffage Yves Gagné joue autour de 150 appareils.

Kevin Girard est le président de l’entreprise qui dessert tout le territoire du Lac-Saint-Jean et compte quelques clients au Saguenay.

Son entreprise comptait jusqu’à quatre équipes de deux installateurs certifiés et quatre véhicules pour répondre à la forte demande. « On a roulé au fond avec 14 employés », dit-il.

Les délais entre l’achat et l’installation étant d’ordinaire de deux à trois semaines, ceux-ci sont passés d’un jusqu’à deux mois.

Trois principaux facteurs peuvent expliquer ce phénomène hors de l’ordinaire.

« L’été exceptionnellement chaud avec plusieurs canicules a évidemment contribué à cette hausse. La pandémie a aussi incité les gens à investir dans la propriété. La subvention supplémentaire Chauffez-vert de plus de 1 000 $ y est aussi pour beaucoup ».

Kevin Girard mentionne que son entreprise vit encore sur cette vague et probablement encore pour quelques semaines.

Phénomène artificiel

Il ne faut toutefois pas se leurrer, l’année 2020 en est une tout à fait hors du temps.

« C’est une année exceptionnelle et unique. Ça fait 13 ans que je suis dans le domaine et je n’avais jamais vu ça avant. Mais cette hausse vertigineuse est artificielle. La situation va revenir à la normale dès les prochaines années où on pourrait même enregistrer une baisse des ventes de thermopompes », pense Kevin Girard.

Son entreprise connaît une croissance de l’ordre de 15 % à 20 % pendant la pandémie, estime son président.

Les foyers au gaz sont aussi en forte augmentation, le poêle à granules est sur son erre d’aller tandis que le poêle à bois connaît une légère baisse. Pour ce qui est des poêles BBQ, ils sont toujours très populaires au printemps. C’est l’évaluation faite par Kevin Girard.

Le manque de main-d’œuvre se fait particulièrement ressentir chez les techniciens en chauffage, les frigoristes et les aides en installation.

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