Les producteurs bovins exigent un meilleur salaire

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Par Julien B. Gauthier - Journaliste de l’Initiative de journalisme local
Les producteurs bovins exigent un meilleur salaire
Selon Jean-Thomas Maltais, président national des Producteurs de bovins du Québec et propriétaire de la ferme JM Maltais, les producteurs réclament une réciprocité des normes pour les importations.(Photo Trium Médias – Julien B. Gauthier)

Un comité d’urgence a été créé le mois dernier par les Producteurs de bovins du Québec (PBQ) pour trouver des pistes de solutions qui permettront d’augmenter le salaire des producteurs. Ils réclament notamment que le Programme d’assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA) soit actualisé. 

Cette assurance a pour but de compenser les entreprises agricoles des fluctuations du marché lorsque le prix de vente d’un produit animal ou végétal, comme le bouvillon et les bovins d’abattage, est inférieur au revenu net stabilisé. 

Toutefois, la méthode du calcul du salaire pour l’ouvrier spécialisé n’a pas été revue depuis 2003. L’ouvrier spécialisé, dans la plupart des cas, c’est l’exploitant de l’entreprise. L’assurance ne tient pas compte des tâches administratives connexes qui doivent être réalisées par ce dernier. 

Métier en transformation 

Selon la présidente des PBQ au Saguenay-Lac-Saint-Jean, Émilie Girard, les tâches des producteurs agricoles ont beaucoup changé depuis les dernières décennies. Elles ne se résument plus à simplement travailler au champ. 

« Le prix qu’ils évaluent pour un travail d’ouvrier spécialisé, c’est ridicule. Ils mettent un salaire de base comme si on était des techniciens, mais il y a énormément de gestion à faire, sans compter toutes les heures qu’on doit faire », affirme celle qui est également productrice de veaux de grains Saint-Bruno. 

Elle ajoute que tous les cinq ans, une étude du coût de production est réalisée par le programme. Mais celle-ci vient capter l’efficacité du producteur, qui travaille plus, mais qui tente à la fois de dépenser moins. 

Réciprocité des normes 

Les PBQ réclament aussi la réciprocité des normes en matière d’importation de viande bovine. Si les coûts de production sont si élevés actuellement, c’est en partie parce que les normes sont serrées et que les producteurs doivent suivre un processus rigoureux. 

Or, près de 23 % de la viande bovine au Canada est importée, notamment des États-Unis, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, de l’Argentine ou de l’Uruguay. 

« Avoir des normes plus élevées, ça coûte plus cher pour les producteurs canadiens. Mais ce sont aussi les consommateurs qui sont gagnants, car au bout du compte, c’est un produit qui est meilleur. Cependant, ils sont forcés de compétitionner contre de la viande qui provient de pays où les normes ne sont pas aussi strictes. C’est injuste. On veut que les importations soient soumises aux normes d’ici. Sinon, c’est reculer 100 ans en arrière », soutient Jean-Thomas Maltais, président national des Producteurs de bovins du Québec et propriétaire de la ferme JM Maltais, située à Chicoutimi. 

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